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RECETTES QUI NE SONT PAS REVERSÉES AU TRÉSOR

RECETTES QUI NE SONT PAS REVERSÉES AU TRÉSOR
Cette intervention a été l’occasion pour le ministre de faire un état des lieux de la situation financière du pays tout en exposant les leviers de croissance envisagés pour sortir le Gabon de sa dépendance.

À l’occasion du point des cent premiers jours du gouvernement, Henri-Claude Oyima, ministre de l'Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la lutte contre la vie chère, a présenté de manière détaillée la stratégie économique mise en place par les autorités. Cette intervention a été l’occasion pour le ministre de faire un état des lieux de la situation financière du pays tout en exposant les leviers de croissance envisagés pour sortir le Gabon de sa dépendance aux ressources traditionnelles.


 


Une croissance soutenue par des pôles stratégiques


Répondant à la question sur l’objectif de 10 % de croissance, Henri-Claude Oyima a reconnu que ce chiffre n’était pas suffisant, mais constituait un premier cap :


« Mais pourquoi 10 % ? Après, le chiffre de 10 % n'est pas suffisant »


Pour atteindre une croissance plus ambitieuse et inclusive, le gouvernement a donc misé sur la diversification de l’économie.


« Nous avons donc mis en place des pôles de croissance »


a-t-il expliqué. Ces pôles sont censés dynamiser l’économie nationale et créer des opportunités pour les jeunes. Trois secteurs clés ont été identifiés : l’agroalimentaire, la transformation des matières premières (minéraux en tête), ainsi que le bois et le pétrole.


« Le Gabon n’a pas que le pétrole. Le Gabon a d’autres ressources »


a insisté le ministre. Il a souligné la volonté du gouvernement de mieux exploiter le potentiel minier, notamment le fer, le manganèse et le phosphate, particulièrement concentrés dans l’Est du pays.


 


Des infrastructures pour soutenir l’industrialisation


Cette nouvelle dynamique économique est accompagnée par des investissements dans les infrastructures. Oyima a évoqué la construction d’un chemin de fer reliant Booué-Bélinga au port en eau profonde de Mayumba, destiné à faciliter l’exportation des produits transformés localement. L’accent est aussi mis sur l’énergie, indispensable à la transformation industrielle :


« Pour les développer, il faut de l’énergie »


a-t-il souligné, en parlant des projets miniers à venir.


 


Une nouvelle gouvernance budgétaire pour assurer le financement


Pour financer ces ambitions, la notion de « souveraineté » est au cœur du discours gouvernemental.


« Dans le discours du Président, il y a un mot qui est devenu très important, c’est la souveraineté »


a rappelé le ministre. Il a précisé qu’il s’agissait d’abord de souveraineté budgétaire. Celle-ci passe par une meilleure organisation des finances publiques, notamment avec la mise en place d’un compte unique du Trésor.


« Dire que le Gabon, un État, a ses recettes qui ne sont pas reversées au trésor, c’est tout à fait anachronique »


a-t-il déclaré, avant d’insister :


« L’obligation de reverser les recettes d’un État au trésor, c’est la règle »


Ce compte unique permet désormais de centraliser toutes les recettes de l’État afin d’avoir une visibilité claire sur les ressources disponibles.


 


Dépenses publiques : priorité à la dette, aux salaires et au fonctionnement


Avec cette nouvelle méthode, le gouvernement entend mieux planifier les dépenses publiques. L’objectif est de rompre avec les pratiques budgétaires du passé en priorisant les besoins réels. Oyima a précisé les grandes lignes des postes de dépenses :


« Dans les dépenses, nous avons la plus grosse, vous avez la dette […] vous avez les salaires et vous avez le fonctionnement ».


Ce rééquilibrage budgétaire, adossé à une meilleure gestion des ressources et à une volonté de transformation structurelle de l’économie, semble tracer une nouvelle voie pour le développement du Gabon. Il reste toutefois à en observer la mise en œuvre concrète et les résultats dans les mois à venir.

Par Pamphile EBO

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