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EBOMAF SE RETIRE

EBOMAF SE RETIRE
L’information, officialisée le 20 août 2025, via un communiqué signé du directeur général de la CNNII, a pris tout le monde à contrepied.

C’est un véritable coup de théâtre qui secoue le secteur des transports au Gabon. Le groupe burkinabè Ebomaf a annoncé son retrait des actions de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII). L’information, officialisée le 20 août 2025, via un communiqué signé du directeur général de la CNNII, a pris tout le monde à contrepied, tant ce partenariat semblait encore jeune.


Signée le 23 février 2024, la convention entre l’État gabonais et Ebomaf-Gabon portait sur l’exploitation de services de transport maritime. Mais de fil en aiguille, ce qui devait être un projet structurant a pris du plomb dans l’aile. Selon Ebomaf, plusieurs conditions suspensives essentielles à l’entrée en vigueur de l’accord n’ont jamais été remplies par l’État. Il s’agit notamment de la mise à disposition des quais, des hangars, d’un plan social pour les agents de la CNNII et d’un plan de réhabilitation des infrastructures portuaires.


Pourtant, Ebomaf affirme avoir investi dès la première année : achat de navires, paiement de trois mois de salaire au personnel de la CNNII, études techniques, déplacements internationaux et envoi d’experts pour évaluer les quais. Mais faute de conditions réunies, l’entreprise a fini par jeter l’éponge.


Une note d’information du groupe burkinabè souligne que l’État n’a pas respecté ses engagements, rendant impossible la mise en œuvre effective de la convention. Face à cette situation de blocage, Ebomaf a proposé à l’État de constater la nullité de l’accord. Ce qui a été accepté.


 « Ce retrait d’Ebomaf traduit un manque criant de coordination institutionnelle. Lorsque l’État s’engage dans une concession, il doit honorer ses obligations pour garantir la viabilité du projet. Ici, l’absence de sites d’exploitation et de plan social a bloqué tout progrès. C’est regrettable, car Ebomaf avait déjà engagé des ressources importantes. Ce genre de rupture peut nuire à l’attractivité du Gabon auprès d’autres investisseurs privés »


souligne un expert proche du dossier. 


Dans un communiqué, la CNNII explique que cette décision a été prise « en toute sérénité » et vise à réorienter les priorités stratégiques. Mais pour plusieurs observateurs, cette rupture est une sonnette d’alarme. Le retrait d’Ebomaf, après de lourds investissements, pourrait saper la confiance des investisseurs. Aujourd’hui, l’horizon s’assombrit pour la CNNII, déjà en panne depuis des années. 




Par Pamphile EBO

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