PDG ALI AKBAR
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) est plus divisé que jamais, mais cela n’empêche pas l’une de ses ailes rivales, menée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, de mettre en branle le processus des investitures pour les élections législatives et locales prévues les 27 septembre (1er tour) et 11 octobre prochains (2e tour).
Ce jeudi 31 juillet, dans une atmosphère tendue et à couteaux tirés avec l’autre faction du parti, le Secrétaire général nommé par Ali Bongo Ondimba a convoqué une réunion de la Commission ad hoc d’investiture. La rencontre s’est tenue au siège temporaire du parti, sis à la résidence Al Hamdou Lilahi, à Angondjé, dans la banlieue nord de Libreville, alors que le siège historique du PDG, à Louis, reste aux mains du camp rival.
Ce n’est qu’à ce prix qu’Ali Akbar Onanga Y’Obegue espère redorer le blason d’un parti fragilisé par un duel au couteau interne qui n’a toujours pas trouvé de dénouement judiciaire. Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion, l’objectif était de passer en revue les potentiels candidats afin de soumettre des profils solides à l’approbation du président du parti, Ali Bongo Ondimba, actuellement installé à Londres.
Cette réunion marque l’entrée de plain-pied dans la lutte sans merci pour les places électorales. Ali Akbar Onanga Y’Obegue, qui ne fait pas dans la dentelle, affirme vouloir rester fidèle aux orientations du PDG, malgré une fracture totale avec l’aile dirigée par Blaise Louembé et Angélique Ngoma. Eux aussi, de leur côté, ne lâchent rien et s’estiment toujours légitimes à diriger l’ancien parti au pouvoir.
Depuis le coup d’État du 30 août 2023, qui a mis fin à 55 ans de règne du PDG sur le Gabon, le parti est en lambeaux. Deux géants politiques s’affrontent désormais pour le contrôle de la machine électorale. Et la bataille féroce risque de faire mordre la poussière à l’un des deux camps. L’optimisme est de mise pour le clan Onanga Y’Obegue, qui croit avoir fait le bon choix en lançant cette dynamique d’investiture, même si les listes restent, pour l’instant, tenues secrètes.
Le jeu en vaut la chandelle. Avec des délais électoraux serrés et une base militante déboussolée, le PDG a du plomb dans l’aile. Les tribunaux doivent trancher rapidement la question de la légalité. En attendant le verdict de la Cour constitutionnelle, chaque camp tire à boulets rouges sur l’autre. La moindre erreur pourrait faire basculer l’équilibre.