ÉTERNEL RECOMMENCEMENT
Rideau sur la neuvième édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption. Célébrée cette année à Libreville sous le thème « Promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption », la manifestation a été marquée par une phase solennelle d’ouverture, suivie d’ateliers répartis en six assises, destinées à aplanir les divergences et à proposer des pistes de solutions pour un mal qui semble ne pas évoluer d’un iota.
Au fil des interventions, panélistes et participants ont insisté sur l’importance du respect de la dignité humaine dans les mesures anti-corruption en Afrique. Cette valeur, souvent reléguée au second plan, a été présentée comme la pierre angulaire d’une gouvernance plus éthique et inclusive.
Durant les travaux, certains ont salué les efforts du Gabon en matière de droits humains et de libertés fondamentales.
« Le Gabon est sur la bonne voie dans le raffermissement des droits de l’homme et des libertés fondamentales »
a affirmé Nestor Mbou, président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.
« Cela s’est traduit par les multiples efforts et les différentes mesures adoptées au niveau national en vue de rendre effective l’agissance de ces droits par l’ensemble de nos concitoyens sans discrimination aucune »
a-t-il précisé.
Pour autant, le bilan dressé par Transparency International en 2025 rappelle que le pays stagne dangereusement : avec un score de 27 sur 100, le Gabon est classé 135e sur 180 pays, toujours dans la catégorie des États « fortement corrompus ». Une situation qui fait dire à certains observateurs que les jeux sont pipés, malgré les grands discours.
Dans son allocution de clôture, Nestor Mbou a tenu à remettre les pendules à l’heure. « La corruption, c’est le manque de dignité », a-t-il martelé. Avant d’ajouter :
« Pour que la dignité soit là, chaque praticien, chaque autorité, chaque pays doit s’engager dans ce combat universel. C’est un défi que nous devons relever ensemble. Ensemble, nous pouvons construire un avenir où les droits de l’homme ne sont pas seulement des mots vains, mais des réalités vécues par tous les Africains »
Des propos qui tombent à pic dans un contexte où les corrompus sont parfois auréolés, tandis que les saboteurs de la bonne gouvernance se frottent les mains. Certains dénoncent d’ailleurs une lutte « perdue d’avance » tant les moulins à vent contre lesquels on s’acharne semblent plus puissants que jamais.
La remise d’attestations de participation aux membres du comité de rédaction du Code d’éthique et de bonne conduite, ainsi que la présentation officielle du Code lui-même au président de la commission, ont clos l’événement. Mais derrière les sourires officiels, les espoirs se heurtent aux déboires d’un système où les mêmes accusations sont réitérées d’année en année, sans impact visible. C'est pourquoi le Gabon est perçu comme un mauvais élève de la transparence.