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DÉMOLITIONS SOUDAINES

DÉMOLITIONS SOUDAINES
C’est une démarche salutaire qui, espèrent-ils, évitera au quartier du Bas de Gué-Gué de plonger dans la spirale infernale des démolitions des habitations.

C’est une démarche salutaire qui, espèrent-ils, évitera au quartier du Bas de Gué-Gué de plonger dans la spirale infernale des démolitions des habitations. Les citoyens solidaires de cette zone sensible, en première ligne face à une opération de déguerpissement annoncée, ont saisi l’opportunité d’une rencontre avec le Médiateur de la République, Alexis Boutamba Mbina. L’objectif était de prévenir plutôt que guérir, et tenter de limiter les dégâts dans un climat social déjà oppressant.


Dans le sillage du vent des déguerpissements qui souffle sur plusieurs quartiers de Libreville, le collectif du Bas de Gué-Gué refuse de se laisser surprendre. C’est ainsi qu’ils se sont rendus auprès du Médiateur, espérant qu’il propose ses bons offices pour porter leur message aux plus hautes autorités.


« Aujourd'hui, nous avons saisi la Médiature de la République pour que notre message soit apporté aux autres autorités »


a expliqué Roxiane Ndinga, représentante du collectif Les Citoyens Solidaires du Bas de Gué-Gué.


« Nous sommes touchés par les destructions qui se font actuellement dans le pays. Nous tenons à dire aux hauts responsables que nous ne sommes pas contre le développement de l'État, ni contre ses projets »


Selon Roxiane Ndinga, la population du Bas de Gué-Gué avait pourtant été recensée dans le cadre d’un projet d’aménagement auquel elle avait adhéré.


« Il y a eu un consensus entre l'État et la population. Aujourd’hui, nous sommes surpris de voir que nos maisons sont menacées »


Une surprise de taille, donc, qui sème le trouble dans cette communauté. Alors que le compte à rebours a commencé, Roxiane Ndinga insiste :


« L'objectif de cette rencontre, placée sous le signe de la responsabilité, était de prévenir pour ne pas être obligé de guérir certaines frustrations »


Le collectif ne veut pas entrer dans l’anarchie, ni faire machine arrière sur leur engagement citoyen. Ils se disent ouverts à la discussion :


« Nous sommes disponibles pour une concertation. Nous sommes disponibles pour écouter ce qu'ils ont à nous dire sur ce qui doit se faire dans la zone où nous habitons »


Dans la foulée, le collectif adresse un mot de reconnaissance au Président de la République, dont les visites sur le terrain sont perçues comme un signe d’espoir :


« Nous tenons à remercier déjà le Chef de l'État parce que nous avons vu qu'il a commencé à effectuer des déplacements dans la ville pour rencontrer d'autres frères qui ont vécu ce que nous sommes en train de vivre. Nous espérons qu'il vienne aussi vers nous et qu'il nous apporte des réponses aux questions que nous nous posons »


Dans cette affaire, force est de reconnaître que la population joue la carte de la médiation, dans un contexte où d’autres quartiers ont vu leur sort scellé. Alors que certaines opérations ont été tirées à boulets rouges pour leur soudaineté, le cas du Bas de Gué-Gué pourrait bien faire figure d’exception. Ce n’est qu’à ce prix que le Bas de Gué-Gué évitera le branle-bas.





Par Pamphile EBO

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