PANNES, RUMEURS, SABOTAGES
Depuis la nuit du 27 mai 2025, le Grand Libreville vit au rythme d’un véritable calvaire énergétique. Des coupures d’électricité massives, prolongées, répétées depuis plusieurs jours, ont plongé la capitale gabonaise et ses environs dans l’obscurité, accompagnées d'une absence totale d'eau courante dans plusieurs quartiers. Le quotidien de milliers de familles a été bouleversé. Et pourtant, aucun dénouement ne pointe à l’horizon.
Tout a commencé dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 mai. Entre 8h et 9h du matin, les foyers, privés de courant, peinaient à reprendre une vie normale. À peine rétablie, la lumière s’est à nouveau éteinte la nuit suivante, puis encore la suivante. Le week-end n’a offert aucun répit : une coupure totale a frappé dans la nuit du samedi au dimanche, suivie d’une gigantesque panne tentaculaire entre le 1er et le 2 juin, affectant le centre-ville et les quartiers périphériques. Comme si cela ne suffisait pas, les robinets sont restés à sec pendant 24 à 48 heures dans plusieurs zones, mettant les nerfs à rude épreuve.
À l'origine des déboires : un incident majeur sur un câble haute tension de 90kV connecté au navire central Karpowership, pourtant opérationnel depuis à peine quatre mois. Les versions des faits divergent : certains évoquent un défaut technique, d’autres voient la main des saboteurs. Le bruit court que l'explosion d'une cellule dans un poste de distribution aurait mis à terre tout le réseau interconnecté de Libreville. Résultat : tout le système s’est effondré.
Cette panne revêt une importance capitale : elle coïncide avec la passation de pouvoir à la tête de la SEEG. Le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS) prend les rênes dans un climat de défiance. Alors que les installations ont pris un coup de vieillesse, la nouvelle direction hérite d’un lourd fardeau. Le moral est en berne et les usagers ne sont pas au bout de leur peine.
Le ministre Philippe Tonangoye, en sentinelle face à la crise, a émis des hypothèses de sabotage et promis des mesures d’urgence pour enrayer le phénomène. Mais les promesses ne suffisent plus. Pour de nombreux citoyens, cette transition ressemble à de la poudre aux yeux. Ils réclament des actions concrètes pour pallier les difficultés, remettre le réseau à flot et mettre un terme à des années de service chaotique. Le pays a du pain sur la planche. La pierre d’achoppement reste la fiabilité de ses infrastructures. Dans cette tempête énergétique, la SEEG marche sur la corde raide.