SCRUTIN PRÉSIDENTIEL 2025 : SELON LES OBSERVATEURS, LA TRANSPARENCE DES OPÉRATIONS EST JUGÉE SATISFAISANTE DANS 98,6% DES CAS
À l’issue du scrutin présidentiel de ce samedi 12 avril 2025, la Mission d’Observation des Organisations de la Société Civile du Gabon (MOE_OSCs) a livré ses premières conclusions lors d’une conférence de presse tenue à Libreville de 12 avril 2025. Regroupant notamment le Réseau des Observateurs Citoyens (ROC) et l’ONG Tournons la Page, la mission a salué le bon déroulement global de l’élection, marquée par une forte mobilisation, une organisation rigoureuse et une surveillance accrue sur l’ensemble du territoire.
Dans un contexte post-transition hautement symbolique pour le pays, la participation des électeurs a été au rendez-vous. Selon les données compilées par la MOE_OSCs, 36,5 % des bureaux de vote visités ont enregistré une affluence notable, avec de longues files d'attente dès les premières heures. Un signe fort de l'engagement démocratique des 920 200 électeurs inscrits.
Au total, 914 observateurs ont été déployés dans les neuf provinces du Gabon, un maillage inédit destiné à garantir un scrutin inclusif, transparent et apaisé. Ce déploiement massif visait aussi à prévenir d’éventuelles tensions électorales dans un pays marqué par des clivages politiques historiques.
Le rapport d'observation souligne que 94,8 % des bureaux observés ont fonctionné dans des conditions jugées satisfaisantes. Le calme a prédominé dans 94,5 % des cas, un indicateur rassurant pour une élection souvent scrutée de près.
Côté transparence, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les procédures ont été correctement appliquées dans 96,9 % des bureaux, et les opérations jugées transparentes dans 98,6 % des cas. Une avancée saluée par les observateurs, qui insistent toutefois sur la nécessité de rester vigilants jusqu’à la proclamation finale des résultats.
Autre point fort relevé : l’amélioration remarquable de la disponibilité du matériel électoral. Alors qu’au début de la journée, seuls 74,3 % des bureaux étaient convenablement équipés, ce taux a grimpé à 99,1 % en cours de journée.
L’inclusivité du scrutin a également progressé. L’accès aux personnes à mobilité réduite a été assuré dans 66,1 % des bureaux de vote, ce qui représente une
« avancée notable pour l’inclusion électorale »
selon la MOE_OSCs.
Si les huit candidats en lice avaient déployé des représentants dans les bureaux de vote, la mission souligne une nette disparité. Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition et candidat à sa succession, était représenté dans 69,6 % des bureaux observés. À l’inverse, certains de ses adversaires affichaient une présence bien plus réduite : Joseph Lapensée Essingone (38 %), Alain Claude Bilie By Nze (8,2 %), Stephan Germain Iloko Boussengui (4,7 %), Alain Simplice Boungoures (3,9 %), Zenaba Gninga Chaning (3,9 %), Stophène Axel Ibinga Ibinga (3 %) et Dr Thierry Yvon Ngoma (3,4 %).
La présence de l’Autorité de Contrôle des Élections et des Référendums (ACER) dans 97,8 % des bureaux renforce la crédibilité du processus. Les observateurs nationaux étaient présents dans 78,3 % des cas, tandis que 21,6 % des bureaux ont été couverts par des observateurs internationaux. Ce maillage hybride, national et international, est perçu comme un gage supplémentaire de transparence.
Malgré ces résultats encourageants, la MOE_OSCs insiste sur l’importance de maintenir une vigilance de tous les instants, notamment durant les phases de dépouillement et de proclamation des résultats.
« Les conditions sont réunies pour une élection libre et équitable, mais la vigilance reste de mise »
a rappelé la mission dans son communiqué.