PATRICE TALON RÉAFFIRME QU'IL NE BRIGUERAIT PAS UN TROISIÈME MANDAT EN 2026
Le président béninois Patrice Talon a mis fin à une question récurrente concernant une éventuelle candidature pour un troisième mandat en 2026. Lors d’un entretien exclusif avec le magazine Jeune Afrique, il a fermement réaffirmé ce 14 mars 2025 son engagement à respecter la Constitution qu'il a lui-même renforcée, limitant le nombre de mandats présidentiels à deux.
« Une énième fois, je vous le redis : non, je ne serai pas candidat »
a insisté Patrice Talon, exprimant une certaine lassitude face à la persistance de la question. Il a ajouté, avec une détermination marquée :
« Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie ».
Ce rappel vient souligner l’importance qu’il accorde à la règle qu’il a instaurée pour garantir une alternance démocratique dans le pays.
Arrivé au pouvoir en 2016, puis réélu en 2021, Patrice Talon prépare donc sa sortie en 2026. Une transition qui se prépare alors que le pays reste marqué par des tensions internes, notamment autour de la question de sa succession. Ce sujet est d'autant plus sensible depuis l’arrestation en septembre 2024 de son ancien allié Olivier Boko et de l’ex-ministre des Sports Oswald Homéky, tous deux accusés de tentative de coup d’État. En janvier 2025, ils ont été condamnés à vingt ans de prison pour
« complot contre l’autorité de l’État ».
Revenant sur cet épisode douloureux, Patrice Talon l’a qualifié de « drame » et de « tragédie intime », soulignant la profondeur de la trahison ressentie. Toutefois, il a précisé qu’il demeurera « attentif » au choix de son successeur.
« Le prochain Président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher »
a-t-il ajouté. Il a affiché une volonté de préserver l’intégrité des transformations politiques, économiques et sociales amorcées depuis 2016.
Des relations tendues avec les voisins sahéliens
Au-delà des enjeux nationaux, Patrice Talon a également pris position sur les relations du Bénin avec ses voisins sahéliens, en particulier le Niger et le Burkina Faso. Des relations qu’il a qualifiées de « dégradées » en raison de l’intensification de la menace terroriste dans cette région du Sahel.
Le Président béninois a exprimé ses préoccupations quant à la situation sécuritaire dans ces pays voisins, notamment le fait que les groupes terroristes s'y réfugient dans des zones laissées vacantes par les forces de défense et de sécurité.
« Notre armée est confrontée à des groupes terroristes qui évoluent en toute liberté dans des sanctuaires désertés »
a-t-il déploré. Il a ajouté que ces groupes pouvaient ensuite se regrouper et mener des attaques en masse contre le Bénin.
Le Président Patrice Talon a aussi regretté l'absence de dialogue avec les gouvernements du Niger et du Burkina Faso, déplorant que ses demandes de collaboration n’obtiennent pas de réponse.
« Nous les relançons régulièrement. Nous n’obtenons pas de réponse »
a-t-il précisé.
Face aux accusations de ses voisins selon lesquelles le Bénin abriterait des bases militaires étrangères pour déstabiliser la région, Talon a fermement rejeté ces allégations.
« Ce type d’implantations, même tenues secrètes, finissent toujours par être dévoilées et leur existence, documentée. Il n’y a évidemment rien de tel sur le sol béninois »
a-t-il déclaré.
Malgré ces tensions, des signes d’un léger réchauffement diplomatique semblent se dessiner, notamment avec le Niger. Après la nomination d’un nouveau représentant du Bénin à Niamey, Hugues Agonkan, le Bénin a accueilli, le 13 mars 2025, le nouvel ambassadeur nigérien à Cotonou, Kadade Chaïbou, qui a présenté ses lettres de créance au président béninois.
Un avenir politique incertain, mais surveillé de près
Avec les élections municipales, législatives et présidentielle prévues pour 2026, Patrice Talon aura cédé son fauteuil, mais son regard restera tourné vers le paysage politique national. Le dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle interviendra en octobre 2025, soit six mois avant le scrutin.