tvplusafrique

International

LA GRANDE VILLE D'UVIRA À QUELQUES KILOMÈTRES DES REBELLES DU M23

LA GRANDE VILLE D'UVIRA  À QUELQUES KILOMÈTRES DES REBELLES DU M23
Cette dernière, située aux rives du lac Tanganyika, n’est pas simplement un centre urbain important. Elle constitue un point névralgique, un carrefour qui relie la RD Congo au Burundi voisin.

La progression des rebelles du M23, un groupe paramilitaire originaire de la République Démocratique du Congo, continue d'alimenter les craintes au cœur du Sud-Kivu. Après la prise de Bukavu, chef-lieu de cette province de l'Est, les miliciens ont étendu leur contrôle à Kamanyola et à Luvungi, ouvrant ainsi la voie vers la conquête de la ville stratégique d’Uvira. Cette dernière, située aux rives du lac Tanganyika, n’est pas simplement un centre urbain important. Elle constitue un point névralgique, un carrefour qui relie la RD Congo au Burundi voisin par une route reliant Uvira à Bujumbura, la capitale burundaise.



Les rebelles, tels des automates déterminés, avancent avec une rapidité déconcertante. Uvira est désormais à leur portée, et l’issue semble inéluctable. Leurs rangs se renforcent au fur et à mesure que la pression monte, créant une atmosphère de suspense insoutenable dans cette ville qui, pour l'instant, résiste encore. L’arrivée imminente des combattants du M23 transforme la situation en une course contre la montre où la résistance militaire, bien que coriace, semble impuissante face à la force de frappe des rebelles. Le contrôle d’Uvira paraît inévitable, après la chute de Goma, Bukavu et Sange.


Le récent retrait des troupes burundaises, intervenu quelques jours après la défaite de Bukavu, a sans doute joué un rôle fondamental dans cette avancée fulgurante vers Uvira. Cette décision stratégique des autorités burundaises a ouvert une brèche dans la défense régionale, facilitant l’infiltration des rebelles dans le Sud-Kivu. Dans l’ombre de ces affrontements, les autorités congolaises, poussées par l’urgence, ont pris une mesure de précaution sans précédent : la libération de prisonniers, une tentative désespérée de limiter les tensions avant l'arrivée des rebelles.


Mais alors que l'ombre de la violence s'abat sur Uvira, la ville a déjà connu des scènes de chaos. Le 17 février, des affrontements violents ont éclaté entre les forces armées congolaises (FARDC) et les milices pro-gouvernementales Wazalendo. Un conflit interne aux FARDC a éclaté lorsque des Wazalendo ont tenté de désarmer les soldats revenant du front nord. Le refus de se plier à cet ordre a abouti à des échanges de tirs qui ont fait au moins 12 victimes. Le climat de tension est palpable, et la situation semble échapper à tout contrôle dans certaines régions de la province.



En parallèle, une autre dynamique se met en place dans la région voisine d’Ituri. Les forces spéciales ougandaises, déjà présentes pour mener une opération conjointe avec les FARDC contre les jihadistes de l'ADF/NALU, ont récemment renforcé leur présence à Bunia, la capitale provinciale. Si l'implication de l'armée ougandaise dans la lutte contre les djihadistes n’est pas nouvelle, cette augmentation de leur déploiement ravive des souvenirs des guerres passées. En 1996-1997 et 1998, les troupes rwandaises et ougandaises étaient déjà intervenues dans la région, notamment contre le régime de Mobutu et plus tard contre le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila. Aujourd’hui, le spectre d’un conflit régional s’agite à nouveau, à mesure que l'armée ougandaise réaffirme sa position aux côtés de la RDC contre des ennemis internes, mais aussi face à la montée en puissance des rebelles du M23. La conquête d’Uvira semble être une simple étape de plus dans l’ascension implacable des rebelles.

Par Pamphile EBO

Top Articles