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UNE CRISE ÉBRANLE UN FOYER ET LE PSD

UNE CRISE ÉBRANLE UN FOYER ET LE PSD
Le référendum constitutionnel du 16 novembre 2024, qui a largement approuvé la nouvelle constitution gabonaise, a laissé des cicatrices bien au-delà des urnes.

Le référendum constitutionnel du 16 novembre 2024, qui a largement approuvé la nouvelle constitution gabonaise, a laissé des cicatrices bien au-delà des urnes. Au sein du Parti Social-Démocrate (PSD), la divergence politique entre son président, Pierre Claver Maganga Moussavou, et sa vice-présidente, Albertine Maganga Moussavou, qui est aussi son épouse, a dégénéré en une crise conjugale apparemment sans précédent. Le torchon brûle entre les deux conjoints. 



Des informations virales sur les réseaux sociaux, étayées par des indiscrétions et une requête en justice, dépeignent une situation tendue et alarmante.  Selon un document du parquet, daté du 21 novembre 2024, et ayant fuité sur la toile, Madame Maganga Moussavou, députée de la transition et troisième vice-présidente de l’Assemblée nationale, a déposé une requête pour obtenir une ordonnance de protection.  Elle affirme que son mari, suite à leur désaccord politique sur le référendum, serait devenu violent verbalement et menace physiquement sa sécurité. 




"À chaque prise de parole publique, il la traite de traîtresse et l'insulte. Puis, il dit que là où il va la voir, le sang va couler"




précise le document.



Face à ces accusations, Pierre Claver Maganga Moussavou réagit vigoureusement.  Dans une lettre largement partagée en ligne, il réfute les accusations de violence et les qualifie de diffamatoires, affirmant que toute affirmation de ce type doit être étayée par un constat d'huissier. 




"Albertine, tu sais que je n’ai jamais usé de violence envers toi"




écrit-il. 




"Toute accusation sur toute forme de violence doit être sous tendue par un constat d'huissier sans lequel les propos contre moi, ton époux, sont diffamatoires"




ajoute-t-il.



Le contexte politique joue un rôle crucial dans cette crise. Alors que le président du PSD s'est prononcé pour le « Non » au référendum, son épouse a, elle, défendu le « Oui », qui a triomphé avec plus de 91,80% des voix. L'adoption de la nouvelle constitution, qui instaure un régime présidentiel renforcé, a manifestement accentué les tensions entre les deux époux.  Des témoignages supplémentaires, relayés par des sources proches du couple, affirment que l’exacerbation de la tension post-référendaire a débouché sur une crise de colère lors de laquelle le président du PSD aurait traité son épouse de « traîtresse » et menacé "Albertine, le sang va couler".



Le divorce politique s'est transformé en crise familiale, plongeant le couple dans une confrontation qui pourrait bien fragiliser le PSD, parti politique incontournable de la scène politique gabonaise.  La question se pose : ce couple, qui est aussi un symbole d'une certaine classe politique gabonaise, survivra-t-il à cette tempête du référendum ?  La réponse, pour l'instant, est enveloppée dans un épais brouillard.



 

Par Pamphile EBO

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