BAUXITE GUINÉENNE RECORD
Cet accord vient compléter la liaison ferroviaire déjà utilisée par l'entreprise entre sa concession minière et le port de Kamsar. Il illustre l'importance stratégique des infrastructures de transport dans la chaîne d'exportation de la bauxite guinéenne.
Un réseau de transport organisé autour des zones minières
Dans la région de Boké, au nord-ouest de la Guinée, les exploitations minières à ciel ouvert constituent le point de départ d'une chaîne logistique qui s'étend jusqu'à l'océan Atlantique. Une fois extraite, la bauxite doit être transportée vers les terminaux portuaires avant son embarquement sur les navires à destination des marchés étrangers.
Les compagnies minières utilisent différents moyens d'acheminement, notamment le rail et la route. Le chemin de fer occupe une place centrale dans ce dispositif. La Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), par exemple, transporte sa production depuis Sangarédi jusqu'à Kamsar grâce à une ligne ferroviaire d'environ 135 kilomètres.
NMC utilise pour sa part 86 kilomètres d'une infrastructure ferroviaire partagée. La Société minière de Boké (SMB) dispose également d'une liaison ferroviaire mise en service en 2021, reliant les gisements de Santou et Houda au terminal de Dapilon.
Le transport routier complète ce dispositif. Avec son nouvel accord, NMC rejoint les entreprises autorisées à emprunter la route minière partagée vers Dapilon, aux côtés de SMB, CDM et Ashapura. Cette possibilité devrait permettre de diversifier les itinéraires et de réduire la dépendance à une seule liaison ferroviaire.
Des ports fluviaux pour charger les minéraliers
À l'arrivée sur la côte, la bauxite suit différents circuits avant de rejoindre les navires d'exportation. À Kamsar, la CBG dispose d'installations permettant de concasser, sécher et contrôler le minerai avant son acheminement par convoyeur jusqu'au quai de chargement.
Les installations de NMC fonctionnent selon un autre dispositif. Le minerai est d'abord chargé dans des barges qui parcourent environ 40 kilomètres jusqu'à une zone de transbordement en eaux profondes. Des grues flottantes assurent ensuite le transfert vers de grands navires minéraliers pouvant transporter près de 180 000 tonnes.
Un système comparable est utilisé aux terminaux fluviaux de Dapilon et de Katougouma. Les barges transportent la bauxite jusqu'aux navires stationnés au large, qui prennent ensuite la direction des marchés internationaux.
La Chine demeure le principal débouché de cette production. En 2025, elle a importé près de 149 millions de tonnes de bauxite guinéenne, selon les données de ses douanes.
De nouvelles infrastructures en préparation
L'expansion des capacités logistiques se poursuit avec de nouveaux projets. En septembre, SPIC et Chinalco ont présenté aux autorités guinéennes une proposition de construction d'un port en eau profonde à Cape Verga, relié au gisement de Santou par une ligne ferroviaire de 160 kilomètres.
L'investissement annoncé dépasse les 3 milliards de dollars, pour une capacité de transport envisagée de 77 millions de tonnes par an. Toutefois, les négociations doivent encore préciser les modalités de réalisation de cet ensemble industriel et portuaire.
La Guinée veut capter davantage de revenus du transport maritime
Au-delà de l'extraction et de l'exportation du minerai, les autorités guinéennes souhaitent désormais participer davantage à la chaîne de valeur du transport maritime.
En 2025, l'État a annoncé la création de la Guinéenne des transports maritimes (Guitram). Cette structure doit notamment permettre au pays d'exercer le droit de transport qu'il revendique sur 50 % des volumes exportés sous pavillon guinéen ou assimilé.
Dans cette perspective, la Société guinéenne du patrimoine minier (Soguipami) a engagé, entre fin juin et début juillet 2026, des discussions en Chine avec COSCO Shipping Bulk autour d'une éventuelle coopération.
L'objectif est de récupérer une part plus importante des revenus générés par le fret maritime, au lieu de limiter les retombées économiques à l'extraction et à la vente du minerai.
Toutefois, les informations publiques disponibles ne permettent pas encore d'établir que Guitram dispose d'une flotte opérationnelle. Entre la création annoncée d'une compagnie maritime et la maîtrise effective du transport de la bauxite jusqu'aux marchés asiatiques, la Guinée doit encore franchir plusieurs étapes.