ASSISES IBOGA LANCÉES
Une concertation nationale autour de l'iboga
Plante emblématique du patrimoine naturel et culturel gabonais, l'iboga occupe une place particulière dans les traditions et les pratiques initiatiques du pays. Au-delà de sa dimension spirituelle et culturelle, cette ressource suscite aujourd'hui un intérêt scientifique et économique croissant à l'échelle internationale.
C'est autour de ces différents enjeux que s'est tenue une réunion du conseil interministériel sectoriel, sous la présidence d'Hermann Immongault. Les échanges ont principalement porté sur l'organisation des prochaines assises nationales et la mobilisation des différents départements ministériels concernés, afin de garantir une démarche concertée et inclusive.
« Cet échange que nous avons eu avec mes collègues aujourd'hui nous a permis d'exposer notre proposition sur les assises nationales. Ces assises nationales sont très importants dans la mesure où elles devraient regrouper l'État et tous les autres partenaires que peuvent être le monde de la recherche scientifique, le monde médical, les peuples autochtones, détenteur de savoir traditionnel, mais aussi toutes les ONG, les coopératives qui exercent dans le cadre de l'exploitation, la commercialisation de l'iboga »
a déclaré Paul Kessany, ministre de la Culture.
Préserver les savoirs ancestraux et encadrer la valorisation
Ces assises devraient constituer un espace de dialogue entre les institutions publiques, les chercheurs, les professionnels de santé, les communautés détentrices des savoirs traditionnels, les organisations non gouvernementales et les acteurs économiques de la filière.
L'objectif est notamment de définir les mécanismes permettant d'encadrer l'exploitation et la commercialisation de l'iboga, tout en préservant les connaissances ancestrales qui lui sont associées.
Pour le gouvernement, il est essentiel que le Gabon, en tant que pays d'origine de cette ressource, puisse défendre ses intérêts face à l'intérêt grandissant des partenaires internationaux.
« Nous espérons qu'à travers ces assises nationales, nous pourrons définir une stratégie nationale qui permettra de pouvoir encadrer véritablement l'iboga et toute la question autour de l'iboga. Il y a un intérêt aujourd'hui majeur des pays des grandes puissances internationales sur l'iboga. Il est important que le pays où pousse cette plante importante puisse avoir adopté une position et puisse discuter avec les partenaires de telle sorte que le protocole de Nagoya soit respecté et que toutes nos populations autochtones qui sont depuis des temps immémoriaux ont toujours exploité cette plante puisse véritablement partager leur savoir mais aussi profiter de tout ce qui en découlera comme avantage »
a ajouté Paul Kessany.
Faire du patrimoine un levier de développement
À travers ces assises nationales, les autorités entendent poser les bases d'une politique cohérente de gestion et de valorisation de l'iboga. La démarche devra notamment garantir la reconnaissance des communautés détentrices des savoirs, leur participation aux décisions et un partage équitable des bénéfices issus de l'exploitation de cette ressource.
Sous la coordination du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cette initiative ambitionne ainsi de faire du patrimoine naturel et culturel gabonais un véritable levier de développement, sans compromettre son authenticité ni les traditions qui l'accompagnent.
