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GABON, LE REMANIEMENT GOUVERNEMENTAL MET À L'ÉPREUVE LA DISCIPLINE PARLEMENTAIRE

GABON, LE REMANIEMENT GOUVERNEMENTAL MET À L'ÉPREUVE LA DISCIPLINE PARLEMENTAIRE
Au Gabon, les anciens ministres doivent réintégrer l’Assemblée nationale avant le 13 novembre, sous peine d’une éventuelle saisine de la Cour constitutionnelle.

Le remaniement ministériel du 11 octobre 2026 continue de produire ses effets au sein des institutions gabonaises. Plusieurs anciens membres du gouvernement sont appelés à retrouver leurs fonctions de députés, mais leur absence lors de la séance de questions orales du 3 novembre a conduit le président de l'Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, à fixer une échéance, le 13 novembre. Cette date place la réintégration des anciens ministres au cœur de l'actualité parlementaire.


Cette première séance de contrôle du gouvernement Oligui III, marquée par les interventions de sept membres de l'Exécutif, devait permettre aux députés d'interroger les ministres sur la conduite des politiques publiques. En conclusion, le président de l'Assemblée a interpellé directement le vice-président du Gouvernement sur deux échéances. L'appel nominatif a aussi mis en lumière une autre préoccupation institutionnelle, le retour effectif des anciens membres du gouvernement dans l'hémicycle. 


Le remaniement face aux obligations parlementaires


La sortie du gouvernement ne met pas fin au mandat parlementaire des personnalités concernées. Les anciens ministres élus députés sont donc appelés à reprendre leur siège au Palais Léon Mba, conformément aux dispositions du Code électoral.


Pourtant, lors de cette séance, seule Armande Longo épouse Moulengui, ancienne ministre des Affaires sociales, aurait répondu présente parmi les personnalités concernées. Camélia Ntoutoume Leclercq et Philippe Tonangoye figurent notamment parmi les absents signalés.


Cette situation soulève la question de l'articulation entre responsabilités gouvernementales et fonctions législatives. Au-delà des changements de portefeuille, le fonctionnement régulier des institutions exige que chaque élu assume les obligations liées à son mandat.


Michel Régis Onanga Ndiaye fixe une échéance


Face à ces absences, le président de l'Assemblée nationale a rappelé les élus concernés à leurs obligations. En interpellant Hermann Immongault, vice-président du Gouvernement, il lui a demandé de veiller à leur retour dans l'hémicycle avant le 13 novembre.


Cette intervention donne une portée institutionnelle à une situation jusque-là marquée par des absences individuelles. La présidence de l'Assemblée entend ainsi rappeler que les responsabilités parlementaires doivent être pleinement assumées après un départ du gouvernement.


Une saisine de la Cour constitutionnelle possible


L'enjeu dépasse désormais la simple reprise des activités parlementaires. Les articles 192 et 193 du Code électoral encadrent la réintégration des anciens ministres, tandis que l'article 217 permet au président de l'Assemblée nationale de saisir la Cour constitutionnelle en cas de carence.


Si cette procédure était engagée, la situation des sièges concernés pourrait évoluer de manière importante, notamment pour le statut des suppléants.


Pour l'heure, aucune décision définitive n'a été annoncée. Le 13 novembre constitue donc une échéance importante, aussi bien pour les anciens ministres concernés que pour la présidence de l'Assemblée.


Si le remaniement redistribue les responsabilités au sein de l'Exécutif, il ne suspend pas pour autant les obligations attachées au mandat électif.

Par Hylane Okomo

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