SEEG, SCISSION DÉBATTUE
Deux sociétés pour mieux répondre aux besoins des populations
Particulièrement attendu par les membres de la Haute Chambre, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Olivier Mouckocko, a exposé les motivations des projets de loi portant création de deux sociétés d’économie mixte. La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon.
Cette séparation vise à confier à chaque entité une mission clairement définie. La Gabonaise des Eaux aura pour vocation d'améliorer l'accès des populations aux services publics d'approvisionnement en eau, tandis qu'Électricité du Gabon sera chargée de garantir la continuité et la qualité du service public de l'électricité.
Pour le gouvernement, cette restructuration répond à une demande sociale pressante. Elle doit permettre de moderniser les infrastructures, d'améliorer la gouvernance des opérateurs et de favoriser la mobilisation des investissements nécessaires au développement de ces deux secteurs stratégiques.
Le ministre a également assuré que des précautions d'ordre juridique et social avaient été prises afin d'encadrer la mise en place des nouvelles structures.
Les sénateurs préoccupés par la viabilité du dispositif
Si la réforme suscite des attentes, elle n'en demeure pas moins au centre de plusieurs préoccupations parlementaires. Les sénateurs ont notamment interrogé le gouvernement sur la viabilité économique des deux futures sociétés, mais aussi sur la répartition des responsabilités avec les autres organismes intervenant dans le secteur.
Le rôle de la Société de patrimoine ainsi que celui du Conseil national de l'eau et de l'électricité figurent parmi les sujets nécessitant des éclaircissements.
Autre inquiétude majeure. Le risque d'une augmentation des charges de fonctionnement et, par conséquent, des tarifs appliqués aux consommateurs. Pour les élus, la réorganisation institutionnelle ne saurait se traduire par une pression financière supplémentaire sur les ménages, déjà confrontés aux difficultés d'accès régulier à ces services essentiels.
Ces interrogations expliquent l'attention particulière accordée au dossier, inscrit à l'ordre du jour de la conférence des présidents.
Un examen parlementaire sous le signe de la vigilance
Sous la présidence de Serge Maurice Mabiala, premier vice-président du Sénat et président de la conférence du jour, les parlementaires ont pris acte de l'examen au fond des projets de loi relatifs à la création, à l'organisation et au fonctionnement de la Gabonaise des Eaux et d'Électricité du Gabon.
Par ailleurs, la commission des Affaires culturelles, sociales et de la Communication entend approfondir l'examen du projet de loi fixant les règles applicables aux mutuelles en République gabonaise. Elle prévoit notamment de solliciter l'expertise des professionnels du secteur bancaire afin de mieux apprécier les enjeux techniques et financiers du texte.
La séance plénière s'est déroulée en présence des ministres Aimé Martial Massamba, chargé des Relations avec les institutions, et Thierry Minko, ministre des Finances, conformément aux dispositions du règlement intérieur du Sénat.
Le budget 2025 adopté en termes identiques
Au-delà de la réforme des services essentiels, les sénateurs ont également adopté le rapport de la commission mixte paritaire, conformément à la procédure parlementaire.
Après examen des documents comptables, prise en compte des recommandations formulées et auditions des ministres sectoriels par la commission des Finances, la plénière a adopté en termes identiques le projet de loi de règlement du budget de l'exercice 2025.
Cette journée parlementaire aura ainsi été marquée par des décisions importantes pour la gouvernance publique. Reste désormais à transformer les ambitions de la réforme de l'eau et de l'électricité en améliorations concrètes pour les populations gabonaises. Car au-delà de la création de nouvelles sociétés, le véritable enjeu demeure la qualité, l'accessibilité et la continuité des services publics.