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AU GABON, TOUSSAINT ET FÊTE DES MORTS : UNE MÊME PÉRIODE, DEUX CÉLÉBRATIONS QUE BEAUCOUP CONFONDENT ENCORE

AU GABON, TOUSSAINT ET FÊTE DES MORTS : UNE MÊME PÉRIODE, DEUX CÉLÉBRATIONS QUE BEAUCOUP CONFONDENT ENCORE
Au Gabon, beaucoup confondent Toussaint et fête des Morts. 1er et 2 novembre : origines, différences et sens chrétien expliqués pour mieux comprendre cette double tradition.

Quelques semaines après la rentrée, le Gabon entre dans un temps de recueillement. Les 1er et 2 novembre, les familles se pressent dans les cimetières, bougies et fleurs à la main. Un geste fort, mais qui entretient une confusion tenace : pour beaucoup, la Toussaint et la fête des Morts seraient la même chose. Pourtant, dans la tradition chrétienne, les deux célébrations n'ont ni le même sens ni le même objet. Cette année encore, les paroisses du pays s'efforcent de clarifier la différence.


Deux fêtes, deux dates


Le calendrier catholique distingue bien les deux journées.


Le 1er novembre, c'est la Toussaint, la fête de tous les saints. Connus ou inconnus, canonisés ou non, l'Église honore ce jour-là tous ceux qui, selon sa foi, ont atteint la sainteté. C'est une fête d'espérance et de joie, qui célèbre la vie éternelle. Elle est fériée au Gabon.


Le 2 novembre, c'est la commémoration des fidèles défunts, communément appelée jour des Morts. Cette journée est consacrée à la prière pour les âmes des défunts : parents, amis, proches disparus. C'est un temps de mémoire et d'intercession, plus intime et plus douloureux.


L'une célèbre les saints, l'autre prie pour les défunts.


Pourquoi la confusion persiste


La pratique du cimetière explique en grande partie cette confusion. Au Gabon comme ailleurs, beaucoup profitent du jour férié du 1er novembre pour nettoyer les tombes, déposer des gerbes et allumer des cierges. Faute de pouvoir revenir le lendemain, jour ouvrable, ils font d'une pierre deux coups.


Les responsables religieux, notamment dans les paroisses de Libreville, rappellent pourtant que ce geste, bien que compréhensible, mêle les deux temps. Se rendre au cimetière le 1er novembre n'est pas interdit, mais le cœur de cette journée est la messe de la Toussaint, pas le deuil. Le 2 novembre est le jour proprement réservé au souvenir des morts, avec les messes de requiem et les bénédictions de tombes.


Le 1er on célèbre, le 2 on se souvient


Distinguer les deux fêtes n'est pas une querelle de mots : c'est une façon de mieux vivre sa foi et sa mémoire. Qu'il s'agisse d'honorer les saints ou de prier pour un parent disparu, chaque date a son intention. La Toussaint rappelle un idéal à suivre, le jour des Morts entretient le lien avec ceux qui ne sont plus là.

Par Hylane Okomo

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