NOVEMBRE BLEU AU GABON : TROIS CANCERS MASCULINS ET UN DÉPISTAGE ENCORE REDOUTÉ
Après Octobre Rose, le Gabon change de couleur et passe au bleu. Pendant tout le mois de novembre, la campagne Novembre Bleu invite les hommes à s'intéresser à leur santé, un sujet qu'ils abordent encore rarement. Pudeur, peur du diagnostic, manque d'information : les freins sont nombreux, alors que, selon l'OMS et les structures hospitalières locales, les hommes ne sont pas épargnés par le cancer. Cette année, la campagne est déployée dans les structures sanitaires du pays afin de faciliter l'accès au diagnostic.
Trois cancers dans le viseur
La campagne cible trois cancers de l'appareil reproducteur et urinaire masculin.
Le cancer de la prostate est présenté comme le plus fréquent chez l'homme au Gabon et la première cause de mortalité par cancer chez les hommes. Il touche surtout à partir de 45-50 ans. Souvent sans symptômes au début, il progresse discrètement, d'où l'importance d'un suivi régulier.
Le cancer des testicules concerne une population plus jeune, principalement entre 15 et 45 ans. Moins médiatisé, il se détecte pourtant par une simple autopalpation ou un examen clinique. Lorsqu'il est repéré tôt, ses chances de guérison sont très élevées.
Le cancer de la verge est plus rare, mais il est souvent découvert tardivement au Gabon, la honte retardant la consultation. Il touche la peau ou les muqueuses de l'appareil génital externe.
Toucher rectal : une crainte à relativiser
Parmi les obstacles au dépistage, la peur du toucher rectal arrive en tête. Beaucoup d'hommes y voient une atteinte à leur virilité. Les spécialistes, notamment ceux du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), rappellent pourtant que ce n'est pas par là que commence le dépistage.
La première étape est une simple prise de sang pour doser le PSA (antigène prostatique spécifique), parfois associée à une échographie urinaire. Ces examens peuvent donner une première alerte. Le toucher rectal n'intervient qu'ensuite, comme examen complémentaire, et il est rapide.
Un réflexe à adopter, pas seulement en novembre
Se faire dépister n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une façon de prendre de l'avance sur la maladie. Qu'il s'agisse de la prostate, des testicules ou de la verge, plus le diagnostic est précoce, plus les chances de traitement sont grandes. Novembre Bleu rappelle donc un message simple : en cas de doute, de symptôme ou à partir de l'âge à risque, il faut consulter.