TRANSPORT URBAIN : ENTRE HAUSSE DU CARBURANT ET TARIF IMPOSÉ
Frappés de plein fouet par la flambée des prix à la pompe entrée en vigueur le 1er novembre 2026, les transporteurs du Grand Libreville se retrouvent pris au piège. Sommés par le ministre des Transports, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, de respecter une baisse des tarifs pour soulager les usagers, les professionnels du volant dénoncent une équation économique intenable et tirent la sonnette d'alarme.
Le réveil est brutal pour le secteur routier gabonais. Depuis vingt-quatre heures, les stations-service affichent de nouveaux prix qui font grincer les dents : le litre d'essence a bondi à 735 FCFA (+140 FCFA) et celui du gasoil s'établit désormais à 705 FCFA (+130 FCFA). Pour les chauffeurs qui sillonnent quotidiennement les artères de la capitale, cette réévaluation décidée par la Commission nationale des prix des produits pétroliers (CNPPP) agit comme un véritable coup de massue sur des budgets déjà exsangues.
L'effet de ciseaux du ministère
En temps normal, une telle envolée des coûts se répercuterait mécaniquement sur le prix du ticket ou de la course. Mais les transporteurs se heurtent à la ligne inflexible du ministre d'État chargé des Transports, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi. Dans le cadre de la lutte contre la vie chère et l'anarchie des prix, il a fermement réitéré l'obligation pour les opérateurs de s'aligner sur la grille tarifaire réduite, calquée sur celle de la Compagnie nationale de transport (CNT).
Pour l'administration, pas question de transiger sur le pouvoir d'achat des ménages. Pour les chauffeurs de Trans'Urb et du secteur privé, la pilule est d'autant plus amère qu'ils doivent dépenser près d'un quart de plus pour remplir leur réservoir, tout en se voyant interdire de réajuster leurs tarifs.
Vers une paralysie ou une dérive des pratiques ?
Sur le terrain, la grogne monte et les transporteurs ne cachent plus leur inquiétude face à cette asphyxie financière programmée. Si le dialogue n'est pas rompu, le risque d'effets pervers est réel. Faute de pouvoir augmenter légalement les tarifs, certains observateurs redoutent une recrudescence du « découpage » sauvage des lignes, c'est-à-dire le fractionnement des trajets pour multiplier les paiements. Une dérive qui pénaliserait directement les usagers, à l'exact opposé des objectifs de justice sociale portés par le ministère.
Face à ce climat social électrique, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Si la volonté du ministre de réguler et de moderniser le transport public est partagée, les professionnels réclament des amortisseurs d'urgence.