TRAFIC CONTRE FONCIER
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Pays: Gabon
Libreville sacrifie le foncier pour fluidifier le trafic routier.
L'urgence infrastructurelle du PNCD
Le Grand Libreville étouffe sous les embouteillages chroniques, un frein majeur pour la productivité nationale. Inscrits dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD), ces travaux d’élargissement routier répondent à une nécessité technique absolue. Il s'agit d'accroître la capacité du réseau et d'optimiser la mobilité urbaine.
Pour le ministre des Travaux publics, Lambert Mouvinde Millot, le tracé des périmètres concernés répond à des critères d'aménagement stricts. L'élargissement de ces axes est le seul levier viable pour fluidifier durablement la circulation. Dans cette configuration, le sacrifice du foncier habité devient une condition sine qua non pour moderniser la cité.
L’impératif d’un dialogue social responsable
Conscient des traumatismes liés aux déplacements de populations, l'exécutif refuse l'image d'un État implacable. Le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, a martelé la doctrine de cette opération. Responsabilité et transparence.
« Notre responsabilité collective est de faire avancer ce projet d’intérêt général, tout en veillant à ce que les préoccupations humaines et sociales soient pleinement prises en considération »
a-t-il affirmé.
Cette approche interministérielle associe l’ANUTTC pour la gestion foncière et le ministère des Affaires sociales. Elle vise à désamorcer la crise latente. En opposant la planification au chaos des évictions traditionnelles, le gouvernement tente de légitimer le coût humain de cette transformation urbaine. La responsabilité collective du gouvernement gabonais réside dans sa capacité à équilibrer progrès structurel et dignité humaine. Face à l'urgence d'élargir les axes Lac Bleu-Diba Diba et Okala, l'exécutif ne peut se contenter d'une simple approche technique. Le véritable succès du Plan national de croissance et de développement (PNCD) dépend d'une synergie interministérielle forte. En activant le suivi de l’ANUTTC et des Affaires sociales, l'État s'impose un devoir de redevabilité. Moderniser le Grand Libreville ne doit pas se faire au détriment des plus vulnérables, mais avec eux, par un accompagnement concret, transparent et juste sur le terrain.
Le défi passe désormais du discours politique à la réalité du terrain. L'opinion publique et les familles déplacées observent avec vigilance la mise en œuvre de ces promesses. La réussite du PNCD ne se mesurera pas seulement aux kilomètres d’asphalte livrés, mais à la capacité de l'État à réinstaller dignement ses citoyens.