LOGEMENT AU GABON

Le logement, une priorité de la politique sociale du gouvernement
L'accès à un logement décent et à un titre foncier sécurisé constitue désormais l'un des axes majeurs de la politique sociale portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. C'est le message central délivré hier lors de la cérémonie officielle d'ouverture de ces journées portes ouvertes, à Libreville.
Représentant le chef de l'État, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a rappelé que la question du logement dépasse largement la seule dimension immobilière. Elle touche aux aspirations fondamentales des familles gabonaises. Disposer d'un toit décent, élever leurs enfants dans un environnement sécurisé et pouvoir transmettre un patrimoine aux générations futures.
« Disposer d'un toit décent, élever leurs enfants dans un environnement sécurisé et pouvoir transmettre un patrimoine à leur famille »
Pour les autorités, l'organisation de cette première édition répond à une volonté de lever les obstacles qui compliquent encore l'accès des citoyens à la propriété. Elle intervient notamment dans le prolongement de la récente remise de 16 000 titres fonciers par le président de la République, une opération destinée à accélérer la régularisation des situations foncières et à faciliter l'accès des populations à des documents juridiquement sécurisés.
À travers cette initiative, le gouvernement entend également démystifier les procédures d'acquisition, souvent perçues comme complexes, longues et difficiles à maîtriser pour une grande partie des citoyens.
Trois jours pour rapprocher les populations des acteurs de l'immobilier
Pendant trois jours, les visiteurs ont l'occasion de découvrir les différents programmes immobiliers de l'État, de consulter les offres de parcelles aménagées et de s'informer sur les conditions réelles d'accès à la propriété.
Les échanges portent notamment sur les prix des logements et des terrains, les conditions d'éligibilité, les critères d'acquisition, les procédures administratives ainsi que les possibilités de financement bancaire.
Promoteurs immobiliers, aménageurs fonciers, établissements financiers et administrations publiques sont ainsi réunis dans un même espace pour répondre directement aux préoccupations des usagers.
L'enjeu est de permettre aux futurs acquéreurs de disposer d'informations fiables avant de s'engager dans un projet immobilier. Il s'agit aussi de créer un cadre de dialogue entre les différents intervenants d'un secteur où les difficultés d'accès au financement, la disponibilité des parcelles et la sécurisation des titres fonciers demeurent des préoccupations majeures.
Lors de son intervention, Alexandre Barro Chambrier a d'ailleurs invité l'ensemble des professionnels à accompagner cette dynamique gouvernementale. Pour lui, la résolution de la problématique du logement ne saurait reposer sur les seules épaules de l'État.
« C'est l'affaire de tous, pas seulement de l'État, hein, les promoteurs immobiliers, l'administration, les financiers et les banques pour trouver les financements adaptés pour que enfin le maximum de gabonais puissent avoir son logement et la sécurisation foncière en constitue un préalable essentiel. »
Un appel à la mobilisation collective qui traduit la nécessité d'une collaboration plus étroite entre les pouvoirs publics et le secteur privé pour répondre à la demande croissante en logements.
9 430 logements programmés pour accroître l'offre nationale
Au-delà de l'information et de la sensibilisation, ces journées permettent de présenter les grandes orientations de la politique nationale de l'habitat. Le ministère du Logement articule son action autour de trois objectifs prioritaires. Construire des logements accessibles au plus grand nombre, produire davantage de parcelles aménagées et accélérer la régularisation foncière.
Dans le domaine de la construction, la Société nationale immobilière (SNI), en partenariat avec les promoteurs privés, porte actuellement un programme de 9 430 logements annoncés.
Ce chiffre traduit l'ambition des pouvoirs publics d'accroître progressivement l'offre immobilière nationale et de mobiliser davantage les opérateurs privés autour de la politique de l'habitat.
Pour les responsables du département ministériel, l'effort doit désormais porter sur l'accélération des chantiers, l'amélioration de la disponibilité des terrains aménagés et la simplification des démarches permettant aux citoyens de devenir propriétaires.
Cette stratégie suppose également de renforcer les partenariats avec les entreprises immobilières, afin de diversifier les programmes proposés et de mieux répondre aux différentes catégories de revenus.
Le financement, un défi majeur pour démocratiser l'accès à la propriété
Si la disponibilité des logements constitue un enjeu important, leur financement demeure l'un des principaux obstacles à l'accession à la propriété au Gabon.
Les autorités entendent donc ouvrir une réflexion sur les mécanismes susceptibles de faciliter l'accès des ménages au crédit immobilier. Parmi les pistes évoquées figure notamment la mise en place de dispositifs de financement réglementés au sein des établissements bancaires.
« Nous ne pourrons plus faire longtemps l'économie de la mise en place de livraire réglementé dans les banques. »
La question de l'utilisation du Fonds national pour l'habitat (FNH) figure également parmi les préoccupations soulevées au cours des échanges. Ce mécanisme pourrait jouer un rôle déterminant dans le financement de logements destinés aux populations les plus modestes.
L'objectif défendu est de parvenir à proposer des habitations financièrement accessibles sans sacrifier leur qualité. Autrement dit, rendre le logement moins coûteux sans compromettre les exigences de construction, de sécurité et de durabilité.
« Ce fond doit aider à faire des logements qui soient accessibles non pas par une faible qualité mais par un faible coût aux citoyens les plus défavorisés de ce pays. »
Cette orientation pose ainsi la question de la mobilisation des ressources financières, de l'accompagnement des banques et de la définition de solutions adaptées au pouvoir d'achat des ménages.
La sécurisation foncière au cœur de la réforme de l'habitat
L'accès au logement ne peut être dissocié de la question foncière. Au Gabon, les difficultés liées à l'obtention des titres de propriété et à la régularisation des terrains constituent depuis longtemps une source de préoccupations pour les populations.
La sécurisation foncière apparaît donc comme une condition essentielle à la réussite de la politique nationale de l'habitat. Elle permet non seulement de protéger les acquéreurs, mais également de réduire les risques de conflits liés à la propriété et de faciliter les transactions immobilières.
C'est dans cette perspective que le gouvernement entend intensifier les opérations de régularisation et accroître la production de parcelles aménagées.
La visite des différents stands par le vice-président de la République a d'ailleurs permis de mesurer l'implication des promoteurs et des partenaires présents. Alexandre Barro Chambrier a encouragé les professionnels à poursuivre leurs efforts afin de mieux accompagner les populations dans leurs démarches.
Une initiative pour rendre le marché immobilier plus accessible
Au terme de ces trois journées, les organisateurs espèrent avoir contribué à améliorer la compréhension des mécanismes d'accès au logement et à rapprocher les citoyens des solutions disponibles sur le marché immobilier gabonais.
Cette première édition se veut ainsi un espace d'information, de concertation et de transparence, mais également un instrument d'accompagnement des ambitions gouvernementales en matière d'habitat.
Au-delà des programmes immobiliers et des dispositifs administratifs, la réussite de cette politique se mesurera avant tout à sa capacité à permettre au plus grand nombre de Gabonais de disposer d'un logement décent et d'un titre foncier sécurisé. À Libreville, le gouvernement affiche ses ambitions. Les populations, elles, attendent désormais des résultats tangibles.