LOGEMENTS, CRÉDIT LONG
Le ministre du Logement, de l’Habitat et du Cadastre, Mays Mouissi, a mis en évidence le déséquilibre entre les crédits à la consommation et les financements destinés à soutenir des investissements durables. Pour lui, le système bancaire doit davantage accompagner les besoins structurels du pays, en particulier dans le secteur immobilier.
« Un pays a davantage besoin de crédits à long terme pour financer l’immobilier, le logement et l’investissement que de crédits à la consommation destinés à l’achat d’une voiture ou à l’organisation d’un mariage »
Cette orientation suppose une évolution des pratiques bancaires, notamment en matière de durée des prêts et de conditions d’éligibilité. Pour les autorités, il s’agit de rapprocher les offres financières des réalités économiques des ménages, tout en tenant compte de leur capacité effective de remboursement.
Des conditions de crédit à adapter aux ménages
L’accès au financement reste souvent conditionné par des critères stricts, qui peuvent exclure des candidats à la propriété pourtant solvables. L’insuffisance de produits immobiliers adaptés aux revenus et aux capacités de remboursement de différentes catégories de ménages constitue ainsi un obstacle majeur.
Mays Mouissi a appelé les partenaires financiers à revoir leurs mécanismes d’intervention afin d’élargir l’accès au crédit immobilier.
« Nous avons donc des personnes solvables, capables d’investir et de financer leur logement, mais qui restent en dehors du circuit bancaire. Je voudrais inviter nos partenaires à prendre en compte cette réalité afin de faire évoluer la structure du crédit dans notre pays. »
Au-delà de l’élargissement des prêts, cette démarche vise à favoriser une meilleure inclusion financière et à soutenir durablement le marché de l’habitat. Elle devra néanmoins s’accompagner de dispositifs permettant de concilier accessibilité du crédit et maîtrise des risques bancaires.
Des logements économiques entre 12 et 15 millions de FCFA
Parallèlement au financement, le gouvernement entend agir sur le coût de construction des habitations. Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a rappelé la nécessité de développer des logements de qualité financièrement accessibles, particulièrement pour les ménages à faibles revenus.
« Construire mieux et, surtout, rendre le logement accessible au plus grand nombre. Cette exigence concerne particulièrement les ménages à faibles revenus, pour lesquels nous devons développer des modèles de logements économiques de qualité, dont le coût pourrait être maîtrisé autour de 12 à 15 millions de francs CFA, en nous inspirant notamment des expériences réussies dans d’autres pays. »
Cette fourchette de prix constitue un objectif annoncé par les autorités. Sa concrétisation dépendra notamment du coût des matériaux, de la disponibilité des terrains et des modalités de financement proposées aux futurs acquéreurs.
Mobiliser les acteurs publics et privés
Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif entend renforcer la collaboration avec les professionnels du bâtiment et des travaux publics (BTP), les aménageurs fonciers et les établissements financiers. L’aménagement de parcelles viabilisées à grande échelle et la maîtrise des coûts de construction figurent parmi les leviers envisagés.
En associant une offre de crédit immobilier mieux adaptée à des logements économiques, le gouvernement ambitionne de bâtir une politique de l’habitat plus inclusive. Le défi sera désormais de traduire ces orientations en programmes concrets, capables de répondre aux attentes des familles gabonaises et de faciliter durablement l’accès à la propriété.