FORUM NOTATION DOUALA
GC Rating veut s’imposer dans le paysage financier régional
À l’origine de cette initiative figure GC Rating SA, l’agence de notation de Geneva Investment Corporation, agréée le 7 août 2026 par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Encore au début de ses activités, l’agence n’a procédé à aucune notation d’émetteur. Le forum représente donc une occasion stratégique de faire connaître ses méthodes, de présenter ses ambitions et de préciser son positionnement dans un marché où la confiance constitue un levier essentiel de financement, selon Sika Finance.
« Notre ambition n’est pas de remplacer les agences internationales, mais de contribuer à une meilleure compréhension des risques de crédit dans notre sous-région, afin de renforcer davantage la confiance des investisseurs »
a déclaré Serge Mathias Kombou, administrateur-directeur général de GC Rating.
Derrière cette démarche se dessine un enjeu majeur. Développer une expertise régionale capable d’éclairer les décisions des investisseurs, sans s’affranchir des exigences de rigueur, d’indépendance et de crédibilité qui fondent la notation financière.
États, banques et investisseurs au cœur des échanges
La rencontre réunira un large éventail d’acteurs institutionnels et financiers. Sont notamment attendus les représentants des ministères des Finances des six pays de la CEMAC, de la Commission de la CEMAC, de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), de la Cosumaf et de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA).
La Société financière internationale (SFI), la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), les banques, les sociétés de gestion de portefeuille et les investisseurs figurent également parmi les participants attendus.
Le programme du 28 octobre portera sur la notation souveraine, l’accès des États aux marchés financiers, leur attractivité auprès des investisseurs internationaux et les conditions de financement des entreprises. Une masterclass permettra de parcourir les différentes étapes d’une notation, depuis l’examen du dossier jusqu’à la surveillance de la note attribuée.
Le lendemain, GC Rating présentera ses méthodologies d’évaluation des États, des banques, des établissements de microfinance, des sociétés de gestion d’infrastructures aéroportuaires, des compagnies d’assurances et des émissions de titres.
Adapter l’analyse aux réalités de la CEMAC
Au-delà des méthodes, le forum entend aborder une question déterminante. Comment apprécier le risque de crédit en tenant compte des particularités économiques et institutionnelles de l’Afrique centrale, sans compromettre la comparabilité des évaluations ni la confiance des marchés ?
Pour les pays de la CEMAC, l’enjeu consiste à faire mieux ressortir leurs réalités économiques dans l’analyse de leur solvabilité. La qualité de la gouvernance, la capacité à honorer les engagements financiers et les conditions d’accès aux capitaux figurent ainsi au centre des préoccupations.
Plusieurs experts contribueront à ces réflexions. Sophia Zaïd, présidente du comité souverain de GC Rating, interviendra sur la crédibilité des États et leur accès aux marchés financiers. Elle présentera également la méthodologie de notation des émetteurs souverains et participera aux échanges sur les perspectives du secteur dans la sous-région.
La professeure Viviane Ondoua Bibolé, présidente du comité chargé de la notation du risque de crédit des sociétés de gestion d’infrastructures aéroportuaires, abordera les questions de transparence et de gouvernance. Elle exposera aussi les méthodes d’évaluation propres à ces sociétés.
Une déclaration attendue pour baliser l’avenir
Les travaux devraient aboutir à la « Déclaration de Douala sur la notation financière », présentée comme une feuille de route pour la CEMAC. Le document doit définir les orientations susceptibles d’accompagner le développement de cette activité et de renforcer sa contribution au financement des économies régionales.
Pour GC Rating, ce premier rendez-vous constitue un test de visibilité et de crédibilité. Pour la sous-région, il ouvre un débat sur les instruments capables de rapprocher les besoins de financement des États et des entreprises des exigences des investisseurs.