GABON : 30,5 % DES JEUNES AU CHÔMAGE, LA FORMATION EN QUESTION
La Banque mondiale a présenté, le 27 octobre 2026 à Libreville, sa Note de conjoncture économique du Gabon 2026. Le document met en évidence un chômage des jeunes de 30,5 % et recommande d’investir davantage dans l’éducation, les compétences et la formation professionnelle pour favoriser la création d’emplois de meilleure qualité.
Un chômage élevé malgré les besoins des entreprises
Présentée par Sylvain Kakou, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale, en présence de membres du gouvernement, cette publication analyse les perspectives économiques du pays et propose des pistes de réforme dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.
Selon le rapport, le chômage atteignait 17,4 % de la population active en 2024 et 30,5 % chez les jeunes âgés de 15 à 35 ans. La Banque mondiale souligne notamment le décalage entre les formations proposées, les compétences recherchées par les entreprises et les emplois effectivement créés.
Pour Sylvain Kakou, cette situation révèle la nécessité de mieux adapter les parcours de formation aux réalités du marché du travail.
Des secteurs porteurs à mieux exploiter
Le rapport identifie plusieurs secteurs susceptibles de soutenir la création d’emplois, notamment le bois, le tourisme, la transformation minière, l’agriculture, la construction et le numérique.
Le développement de ces activités suppose toutefois une main-d’œuvre qualifiée et un secteur privé capable d’investir et de recruter. La Banque mondiale préconise donc de renforcer les apprentissages fondamentaux, l’enseignement technique et la formation professionnelle, tout en rapprochant les programmes des besoins des entreprises.
Une économie confrontée à plusieurs défis
La Note indique que la croissance du PIB réel gabonais a ralenti à 3,2 % en 2025, contre 3,4 % en 2024. La progression du PIB réel par habitant s’est limitée à 1,1 %.
Le document relève également la dépendance du pays aux exportations pétrolières, qui représentent près de 60 % des exportations, ainsi que les difficultés persistantes liées à la pauvreté. En 2024, environ 729 000 personnes vivaient encore sous le seuil national de pauvreté, selon les chiffres présentés.
Ces données soulignent l’enjeu d’une diversification économique capable de soutenir une croissance plus inclusive et de générer davantage d’emplois.
La qualité des dépenses publiques au cœur des priorités
Lors de la présentation, le ministre délégué à l’Économie, Marc Abeghe, a évoqué les contraintes budgétaires, le recul des recettes pétrolières et la nécessité d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques.
De son côté, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a insisté sur l’importance de créer un environnement favorable à l’investissement et au recrutement.
Pour la Banque mondiale, la réponse au chômage passe ainsi par une approche combinant stabilité macroéconomique, amélioration du système éducatif, protection sociale et développement des secteurs productifs.