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SOUTIEN AUX RESCAPÉS

SOUTIEN AUX RESCAPÉS
Découvrez le témoignage poignant de deux rescapés du naufrage du Borr Prospector 5.




 








Arrivés à Port-Gentil le lundi 26 octobre 2026, les rescapés du Prospector 5 ont été reçus par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en présence de membres du gouvernement et des autorités locales. Lors de cette rencontre, deux survivants ont livré des témoignages poignants sur les circonstances du naufrage et les heures qui ont suivi, évoquant une épreuve particulièrement traumatisante et inoubliable.







 


"Il faisait 20h50 à ma montre, lorsque l'alarme a été donné. Et par la suite, le OIM, lorsqu'il s'est exprimé, il a dit ce n'est pas un exercice, parce que d'habitude on fait des exercices au cas où il y a des situations comme ça qui arrivent. Quand il a dit que ce n'est pas un exercice, je suis automatiquement sorti de mon lit, j'ai mis mon t-shirt, j'ai pris le bac de sécurité que vous voyez ici, qui contient le gilet, et je suis sorti au couloir.



Lorsque je sors au couloir, je me rends compte que l'appareil est divisé, en fait presque divisé en deux, dans le sens qu'il y a un sens de gravité plus bas et l'autre plus haut. Premier réflexe, savoir si j'étais le seul. J'ai commencé à cogner dans les portes et j'ai trouvé deux collègues qui étaient aussi en panique. J'ai dit on sort. On a essayé de remonter la pente, c'était pénible, mais on a réussi à sortir. Lorsqu'on est sortis, on a trouvé les autres au life boat et on a commencé à s'organiser pour pouvoir essayer de se faire récupérer les gilets et en même temps détacher le life boat.


Des tentatives de sauvetage dans la confusion



Lorsque je regardais sur ma droite, j'ai vu des collègues qui étaient en train de monter et d'autres qui étaient en train de chercher un passage. Après, j'ai vu aussi un bateau de sauvetage en flamme qui s'est déclenché seul parce qu'on a des systèmes de bateaux où lorsqu'ils touchent seulement l'eau automatiquement, ils prennent leur forme naturelle. Nous avons communiqué tout en essayant d'organiser les équipes. Je me suis retourné sur ma gauche. J'ai constaté qu'il y avait un life boat qui était coincé et qu'on ne pouvait pas y accéder. Par la suite, on s'est concentré sur celui qui était devant nous parce qu'on était nombreux.



Alors, au moment où nous sommes concentrés sur le life boat, on a entendu un cri. On ne savait pas d'où ça venait et qu'est-ce que c'était. Et on a commencé à se poser des questions, les collègues et moi. « Est-ce que vous avez entendu ces cris ? » Certains ont dit oui, d'autres ont dit non dans la panique et qu'on s'est arrêté. Nous avons tout fait avec nos superviseurs pour sortir d'abord le life boat afin de se sécuriser. Nous avons réussi.



Mais par manque de pot dans la panique, nous sommes allés nous enfoncer du côté de l'hélidèque où le rig était en train de couler. Lorsque nous sommes rentrés dans l'hélidèque, le rig a complètement arrêté. Je ne pourrais pas vous expliquer comment ça s'est passé. Il a fallu que , Excusez-moi, c'est très important. Oui ! Oui ! C'est bien. Monsieur, le capitaine, il est sorti. Il est allé vérifier. Il a usé beaucoup de courage pour nous sortir de la situation. Et nous l'avons sauvé, ce monsieur.


La disparition du rig et l'inquiétude pour les collègues



Lorsque la solution a été trouvée, il est revenu. Et automatiquement, il a reculé et on a pris la droite. On s'est écarté. Parce que le life boat numéro 2 aussi avait le même souci. Lorsqu'on s'est écarté, je ne saurais pas comment vous expliquer. Je pense que mes collègues auront témoigné.



Le rig a maintenant continué sa descente. On n'arrivait pas à expliquer pourquoi. Et lorsque nous sommes allés peut-être un peu plus de 8 mètres, il y a un autre cri qui a retentit. On se posait toujours la question, c'est quoi ce cri ? Mais pendant que ce cri est en train de retentir, je vous assure, monsieur, le rig est fait d'acier trempé. Le rig est en train de descendre. Le cri s'est arrêté, lorsque le rig était totalement rentré dans l'eau.



On se posait la question de savoir s'il y avait vraiment eu un rig de forage ici. Bien rentré, donc du coup, on se posait aussi la question de savoir où sont partis nos collègues. Nous sommes arrivés sur le supply et au moment, on a aperçu 4 radeaux de sécurité de bateau. On s'est dit peut-être qu'ils sont à l'intérieur. On a  gardé espoir. II y a un des grutiers, je pense qui cherchait à nous rejoindre.



Il s'avère qu'il se trouvait dans une ligne de mire où le mouffle, lui a dit, il est tombé. Et donc le HSCE méthode s'est rendu compte qu'il y avait quelqu'un à la mer. Il fallait qu'on aille le sauver. Mais il était tellement coincé qu'on n'a pas pu et puis il ne bougeait plus. En fait, on ne savait plus si on rêvait ou bien on était dans une autre réalité, mais c'est difficile en fait. Mais on a réussi à reprendre la main.



Un appel au respect et à l'accompagnement des travailleurs



Et après, voilà, nous sommes tous montés. c'est pour vous dire que c'est un métier. Quand on y va, c'est avec le cœur. Et tout ce dont on demande, c'est aussi qu'on nous respecte. C'est très important. Parce qu'on ne sait même pas si on va revenir. Parce qu'on ne sait pas ce qui se passe là. On ne sait pas comment ça va se passer. On dit 28 jours, oui, mais ça peut être toute une année, toute une vie.



Tout ce dont nous demandons ici, à nos aînés, à M. le Président, ne cessez pas de faire ce que vous faites. On vous suit. On essaie de suivre votre exemple. Mais aidez-nous à vous accompagner.



Merci aussi aux top management, notamment au big manager, qui a fait des efforts énormes jusqu'alors. Ce n'est pas facile d'être un patron et de gérer ça à distance.



Et quand vous voyez un appareil aussi gros, presque la moitié d'un stade, disparaître comme ça, il y a beaucoup de questions à se poser"


a déclaré un premier rescapé.



Un second rescapé raconte les circonstances du naufrage


"Vous avez sûrement constaté, tous, tout le pays a constaté, plusieurs images qui venaient même lorsque cette catastrophe là se réalisait. J'étais parmi ceux-là qui filmaient. Ça veut dire que je n'étais pas dans le rig, lorsque ce rig là s'effondrait.



Un rig ne se déplace pas par lui-même. Un rig se déplace parce qu'il est remorqué. Il y a une remorque principale, le bateau principal, et deux autres qui essaient d'équilibrer. Ces deux autres, ces bateaux, ont amené, on peut dire, le rig à la position qu'il fallait. Après un moment, ils ont posé ce qu'on appelle les legs, ces pieds-là, ces trois soutiens. Et les deux premiers équilibreurs, les deux remorques équilibreuses, sont parties. Il est resté la principale. Et c'est celle-là où nous, nous étions.



En fait, nous appartenons au rig, mais sauf que pour les déplacements, on a pris certains prestataires. Schlumberger expo, et on nous a mis par un panier, un élevateur, on nous a mis à l'intérieur pour juste le temps de la traversée et puis le positionnement. En temps normal, à l'heure où on parle, nous serions déjà en train d'intervenir s'il  n'y avait pas eu cette catastrophe. Dans le programme depuis 6 heures, on serait en train d'intervenir.



Monsieur le Président, quand l'affaire commence, il est déjà 20 heures, nous sommes dans le bateau, il y a un jeune homme de Schlumberger qui crie. Il s'est mis à crier. La plupart ont compris qu'il y avait un problème. Quand on sort, le rig est devant nous, il est en position penchée. Le problème, c'est que ce bateau qui est resté là, les autres sont partis, ce bateau est encore lié au rig par une lingue costaude, une lingue qui tient. Il est là, je ne sais pas pourquoi, mais il est encore en train de faire son rôle, peut-être d'équilibrer ou bien quoi. Il est lié.


Une manœuvre délicate pour couper la liaison



Si le rig était descendu plus directement à l'eau, ce bateau aurait été aussi tiré et aurait coulé aussi. Donc ça, ça nous a mis la pression. Quand on a vu que c'était déjà comme ça, le capitaine a quand même réagi en donnant du mou. Et vu que ça continuait à descendre, il y a eu panique dans le bateau, on s'est mis à prendre des gilets, on se disait que là, ce n'est pas la peine. Et après, on a eu l'idée qu'il fallait couper cette lingue-là.



Les pauvres indiens cherchaient de quoi couper. S'il fallait prendre un chalumeau, c'était peut-être trop lent. Il y avait une meule, c'était peut-être trop lent. Il y a quelqu'un qui a eu l'idée de prendre un chalumeau. Il prend le chalumeau, il n'y a pas de feu. Il fallait maintenant chercher un fumeur. Dieu merci. Quelqu'un avait un briquet. Il l'a pris, il l'a allumé.



Pendant qu'il allume, en fait, beaucoup ont des vidéos. J'en ai envoyé certaines, j'ai encore d'autres. J'étais en même temps journaliste, on peut dire. J'ai eu le rôle d'un journaliste. En même temps, on peut dire, émotionnellement touché. Physiquement, peut-être on est là, mais émotionnellement, jusqu'à aujourd'hui, ça ne va pas. En même temps, sécouriste, parce qu'on a commencé à voir des choses qui flottent, des lièges .



On se disait que, mon Dieu, qu'est-ce qui se passe ? C'était comme un rêve. Du jamais vu. Il a réussi. Coupe, coupe, le pauvre Indien, là, avec le chalumeau. Coupe, coupe. Coupe, on est déjà avec ce genre de gilets.



Il a réussi à couper. Lorsqu'il a coupé, il y a eu du soulagement du côté du bateau principal, le remorqueur principal. Nous sommes vraiment à côté. Les vidéos, en parlent, les vidéos peuvent parler. Dès qu'il a réussi à couper, il y a eu un soulagement de notre côté. C'est comme ça qu'on a pris conscience, maintenant, qu'il fallait... Comment faire pour sécuriser ? Parce qu'on commencait à voir ce genre de choses flotter, à l'eau, en plein, en pagaille.


Des opérations de sauvetage dans des conditions extrêmes



On a commencé à voir des choses de liège qui sont en train de flotter. Tout à coup, pendant qu'on était en train de filmer, il y a eu des réflexes où quelqu'un a dit qu'il fallait commencer à regarder dans les côtés. Et on a commencé à voir un premier qui est apparu, un de nos amis, un expat, un blanc, un anglais, ou un écossais, etc., qui est apparu. 





Il a pu se jeter. Il avait un flotteur. Et on a pu le sauver.



On est devenus sécouristes. On s'est impliqués. On s'est impliqués en sécourisme, maintenant.



On a pu tirer celui-là de l'eau. Il fallait maintenant regarder un peu partout. On a dit au bateau de reculer, de se mettre en bonne position pour regarder.



Mais en même temps, on est en train de voir comment là-bas, ça ne va pas. La première remorque, je peux dire, le premier bateau de sauvetage qui a pu se détacher du rig, on peut dire qu'il s'est détaché peut-être une trentaine de minutes avant que tout le rig ne coule. Le deuxième, qui était apparemment, d'après les explications des autres, qui avait été difficilement détachable, Dieu merci, ils ont pu, avec les moyens de bord, ils ont même pris des chaussures de sécurité pour cogner, pour que ça se détache.



Ils ont pu quand même se libérer. Mais eux aussi, il restait très peu de temps avant que le rig ne se noie. Donc, c'est pour dire que ceux qui sont là, même nous qui étions au bateau, c'est du jamais vu.



Je ne sais pas si c'est déjà arrivé. Depuis que je suis né, je ne sais pas encore entendu, mais peut-être avant ou pas. Mondialement aussi, c'est des situations rares, mais c'est arrivé chez nous. Donc, pour dire que là où nous sommes là, on va jamais oublier ça. C'est moins une situation que l'on va jamais oublier" a expliqué un second rescapé. 














Par Pamphil

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