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MODERNISATION MANGUE

MODERNISATION MANGUE
Faspol Africa et la Guinée s'associent pour moderniser la conservation de la mangue.





Un partenariat pour renforcer les infrastructures frigorifiques. La Guinée entend s’attaquer aux pertes post-récolte qui fragilisent sa production agricole, notamment dans les filières des fruits et légumes. Dans ce contexte, l’entreprise Faspol Africa, spécialisée dans les solutions de refroidissement durable et affiliée au groupe polonais Faspol, a signé un protocole d’accord avec le ministère guinéen de l’Agriculture. L’objectif est d’étudier les possibilités de modernisation des infrastructures de conservation de la mangue, un fruit dont la commercialisation reste confrontée à d’importantes contraintes logistiques.




Cette initiative marque une nouvelle étape dans la recherche de solutions destinées à améliorer la conservation des produits agricoles frais. Elle intervient alors que les insuffisances en matière de stockage, de chaîne du froid et de transport continuent de peser sur les revenus des producteurs et la capacité du pays à valoriser sa production.



Selon les informations communiquées par l’institution sur son site, le protocole prévoit le lancement d’études de faisabilité technique à partir de novembre 2026. Ces travaux devront permettre de déterminer les zones prioritaires de production, d’évaluer les besoins en capacités de stockage frigorifique et d’identifier les mesures nécessaires au renforcement des compétences des acteurs locaux.



À ce stade, plusieurs paramètres restent à préciser. Le montant global du projet, les capacités de refroidissement envisagées, les sites d’implantation et les modalités de financement n’ont pas encore été rendus publics. Les études constitueront donc une étape déterminante pour apprécier la faisabilité de l’investissement et définir les contours d’une éventuelle mise en œuvre.



Des pertes agricoles qui fragilisent les producteurs



La démarche répond à une difficulté structurelle de l’agriculture guinéenne. La conservation insuffisante des produits après leur récolte. Faute d’équipements adaptés, une partie importante des denrées périssables se détériore avant d’atteindre les consommateurs ou les marchés commerciaux. Les producteurs se retrouvent alors confrontés à des pertes de revenus, tandis que les opérateurs économiques peinent à garantir une qualité constante des produits proposés.



Selon des données publiées en juillet 2026 par le ministère guinéen du Plan, les pertes post-récolte atteignent entre 40 et 50 % pour les racines, les tubercules, les fruits et les légumes. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment l’insuffisance des infrastructures de stockage, les contraintes énergétiques, les difficultés logistiques et l’état de certaines routes.



Pour la mangue, les estimations historiques témoignent de l’ampleur du défi. Une publication du Cadre intégré renforcé (EIF), programme de partenariat lié à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), indiquait en 2021 que les pertes post-récolte pouvaient varier entre 60 et 85 % selon les régions de production.



Ces chiffres, qui ne constituent pas une mesure actualisée de la situation en 2026, illustrent néanmoins les difficultés auxquelles la filière a été confrontée. Ils ne permettent pas non plus d’attribuer l’ensemble des pertes au seul manque d’équipements frigorifiques. Les conditions de récolte, la manutention, les délais d’acheminement et les possibilités d’écoulement commercial interviennent également dans la dégradation des produits.



Dans ce contexte, le développement de capacités de conservation adaptées pourrait contribuer à prolonger la durée de commercialisation des mangues, à limiter les pertes de qualité et à offrir davantage de souplesse aux producteurs pour organiser leurs ventes.



La chaîne du froid, un levier pour conquérir les marchés



La modernisation des infrastructures frigorifiques représente un enjeu qui dépasse la simple conservation des récoltes. Pour les opérateurs agricoles, disposer d’équipements adaptés permettrait de mieux gérer les périodes de forte production, durant lesquelles l’offre peut dépasser les capacités d’absorption des marchés locaux.



En ralentissant la détérioration des fruits, le froid peut contribuer à préserver leur qualité pendant le stockage et le transport. Cette capacité est particulièrement importante pour les produits destinés à des circuits de distribution plus longs, notamment lorsque les acheteurs imposent des exigences précises en matière de fraîcheur et de qualité.



Pour la Guinée, l’enjeu consiste également à améliorer la compétitivité de sa production fruitière sur les marchés internationaux. Une meilleure organisation de la chaîne logistique pourrait faciliter l’accès à de nouveaux débouchés, à condition que les investissements frigorifiques soient accompagnés de solutions fiables d’approvisionnement énergétique, de transport et de commercialisation.



Le renforcement des compétences locales figure aussi parmi les objectifs annoncés du protocole. La formation des producteurs, des techniciens et des gestionnaires d’installations sera essentielle pour garantir une utilisation efficace des équipements et assurer leur entretien dans la durée.



Toutefois, la réussite d’un tel programme dépendra de plusieurs conditions. Le choix des sites, l’adaptation des équipements aux volumes réellement produits, la disponibilité de l’énergie et la capacité des acteurs à supporter les coûts d’exploitation. Les études prévues à partir de novembre devront contribuer à éclairer ces différents aspects.



Faspol, une expérience acquise sur plusieurs marchés africains



L’entreprise Faspol dispose déjà de références dans plusieurs pays africains, principalement dans les secteurs laitier et halieutique. Son expérience dans les équipements de refroidissement pourrait constituer un atout pour explorer les besoins de conservation des produits agricoles en Guinée.



Issue du marché polonais en 2001 après sa séparation de FASPOMA, fabricant de cuves destinées au stockage et à la transformation des produits laitiers, Faspol s’est spécialisée dans la fabrication d’équipements en acier inoxydable pour l’industrie. Le groupe a progressivement développé ses activités à l’international, notamment à travers la fourniture et l’installation de systèmes de refroidissement.



Au Rwanda, l’entreprise a obtenu en 2023 un contrat portant sur 385 installations de refroidissement du lait destinées aux centres locaux de collecte. Le financement de cette opération a été annoncé le 3 novembre 2023 par la banque publique polonaise BGK, qui a accordé un crédit acheteur de 22,6 millions d’euros au Trésor rwandais pour l’acquisition d’équipements polonais.



Au Kenya, Faspol avait également remporté en 2016 un marché portant sur la fourniture de 350 installations de refroidissement du lait au gouvernement. Selon l’entreprise, l’exécution du contrat s’est déroulée entre 2017 et 2020, dans le cadre de la coopération économique entre la Pologne et le Kenya.



Le groupe avait par ailleurs obtenu, en 2015, son premier contrat africain au Ghana. Celui-ci portait sur la livraison et l’installation d’une fabrique de glace pour Pioneer Food Cannery, une usine de transformation et de mise en conserve de thon située à Tema et appartenant au groupe thaïlandais Thai Union.



Ces réalisations témoignent de l’expérience de Faspol dans la conception et l’installation de solutions frigorifiques destinées à différentes activités industrielles. Elles ne préjugent toutefois pas des caractéristiques techniques ni de la rentabilité d’un éventuel projet guinéen, qui devra faire l’objet d’une évaluation spécifique.



Des études décisives avant le lancement des investissements



Le protocole signé avec le ministère guinéen de l’Agriculture ouvre ainsi une phase exploratoire dont les conclusions seront déterminantes. Les études devront établir les besoins réels de la filière mangue, préciser les capacités de stockage nécessaires et examiner les conditions techniques et économiques d’une éventuelle implantation.



Pour les producteurs, l’espoir est de disposer, à terme, de solutions permettant de réduire les pertes, de mieux valoriser les récoltes et d’améliorer les revenus agricoles. Pour les autorités, l’enjeu est de transformer les ressources agricoles du pays en débouchés économiques plus importants, grâce à des infrastructures adaptées.



La concrétisation du projet dépendra néanmoins des résultats des études, des financements mobilisés et des modalités de gestion retenues. Au-delà de la mangue, l’expertise de Faspol pourrait ouvrir des perspectives pour d’autres produits périssables, si les besoins et les conditions du marché le justifient.













Par Pamphil

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