PRÉSENCES AFRICAINES
Après les éditions organisées à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023, cette rencontre doit permettre aux deux parties de mesurer le chemin parcouru et de définir leurs priorités pour les prochaines années. L’enjeu est notamment d’évaluer l’application du plan d’action 2023-2026, tout en préparant un nouveau programme de coopération pour la période 2027-2029.
Une déclaration finale est attendue à l’issue des travaux. Elle devrait préciser les engagements retenus et les orientations que Moscou et ses partenaires africains souhaitent privilégier dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques et une concurrence accrue entre puissances pour renforcer leur présence sur le continent.
Plusieurs dirigeants africains annoncés dans la capitale russe
Les premières arrivées témoignent de l’importance accordée à ce rendez-vous par plusieurs gouvernements africains. Parmi les personnalités attendues figure le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, arrivé à Moscou le lundi 26 octobre pour prendre part aux travaux.
Le Burkina Faso sera représenté par son Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Le chef du gouvernement a quitté Ouagadougou le même jour pour rejoindre la capitale russe au nom du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Cette participation intervient alors que les autorités burkinabè cherchent à diversifier leurs partenariats stratégiques et à renforcer leur coopération avec Moscou.
Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, est arrivé à Moscou le 25 octobre, selon Sputnik Afrique. Le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, s’est également rendu dans la capitale russe à cette date, d’après des informations rapportées par African Initiative.
Le Burundi devrait, pour sa part, être représenté par son président, Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine. Il est attendu pour coprésider une séance plénière avec Vladimir Poutine. Du côté ougandais, le président du Parlement, Jacob Marksons Obot, figure parmi les responsables cités dans le cadre de cette rencontre.
Ces annonces donnent un premier aperçu de la représentation africaine, sans toutefois constituer une liste exhaustive des participants. D’autres délégations pourraient être présentes au fil de l’ouverture officielle du sommet.
Sécurité, économie et technologie au cœur des échanges
Au-delà des rencontres protocolaires, le sommet doit servir de cadre à des discussions sur plusieurs secteurs jugés prioritaires par les deux parties. La sécurité occupera une place importante, notamment dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à consolider leurs capacités de défense et à diversifier leurs partenaires internationaux.
Les questions économiques devraient également être au centre des débats. Les échanges commerciaux, les investissements, les infrastructures et les possibilités de coopération industrielle constituent autant de domaines dans lesquels Moscou et les États africains souhaitent explorer de nouvelles perspectives.
Les sciences, les technologies, la culture et les initiatives humanitaires doivent aussi figurer parmi les sujets abordés. Ces domaines offrent des possibilités de collaboration qui dépassent les seules relations politiques et militaires, notamment en matière de formation, de recherche et de développement des compétences.
Pour la Russie, cette rencontre représente une occasion de consolider ses relations avec les gouvernements africains et de renforcer sa présence diplomatique et économique sur le continent. Pour les pays participants, elle constitue un espace de négociation permettant de présenter leurs priorités nationales et de rechercher des partenariats susceptibles de soutenir leurs objectifs de développement.
Toutefois, la portée réelle de cette coopération dépendra de la capacité des parties à transformer les annonces diplomatiques en projets financés, en investissements productifs et en résultats mesurables pour les populations.
De Sotchi à Saint-Pétersbourg, une coopération à consolider
Le premier sommet Russie-Afrique s’était tenu les 23 et 24 octobre 2019 à Sotchi, sous le thème « Pour la paix, la sécurité et le développement ». Cette rencontre avait marqué une étape importante dans les relations entre Moscou et les États africains, en réunissant de nombreux dirigeants autour d’un programme commun de coopération.
Les discussions avaient alors porté sur les relations politiques, la sécurité, le commerce, l’économie, les sciences, les technologies et les échanges culturels. La déclaration finale avait posé les bases d’un cadre de collaboration destiné à donner un nouvel élan aux relations entre la Russie et le continent.
En 2023, le deuxième sommet organisé à Saint-Pétersbourg avait prolongé cette dynamique. Les participants avaient poursuivi les discussions sur les moyens de renforcer les échanges et de concrétiser les engagements pris quatre ans auparavant. Le plan d’action 2023-2026 constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments dont les résultats doivent être examinés à Moscou.
La troisième édition s’inscrit donc dans une logique de continuité, mais aussi de réévaluation. Les gouvernements devront déterminer les domaines dans lesquels des progrès ont été réalisés, identifier les difficultés rencontrées et fixer des objectifs plus précis pour la période suivante.
Le plan d’action 2027-2029 attendu comme feuille de route
L’adoption annoncée d’un nouveau plan d’action pour 2027-2029 constituera l’un des principaux résultats attendus de la rencontre. Ce document doit permettre de préciser les priorités communes et d’organiser leur mise en œuvre au cours des prochaines années.
La déclaration finale sera également scrutée pour mesurer le degré de convergence entre les ambitions russes et les attentes africaines. Si les relations politiques occupent une place importante dans ce partenariat, les questions de financement, de transfert de compétences, d’accès aux marchés et de création de valeur sur le continent seront déterminantes pour son évolution.
Les pays africains sont confrontés à des besoins considérables en matière d’infrastructures, d’industrialisation, d’énergie et de formation. La capacité des partenariats proposés à répondre à ces défis pèsera donc dans l’évaluation de leurs bénéfices concrets.
À Moscou, les 28 et 29 octobre, les discours et les rencontres bilatérales devront ainsi déboucher sur des engagements suffisamment précis pour dépasser le cadre symbolique de la diplomatie. La réussite de ce troisième sommet se mesurera moins au nombre de délégations présentes qu’à la concrétisation des décisions annoncées.
4 présidents africains sont explicitement cités comme étant arrivés à Moscou ou attendus au sommet.
Assimi Goïta (Mali)
Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe)
Denis Sassou-Nguesso (République du Congo)
Évariste Ndayishimiye (Burundi)
Le Premier ministre burkinabè et le président du Parlement ougandais sont également mentionnés, mais ce ne sont pas des chefs d’État.