BIFOUN ABANDON

Sur le site retenu par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), les traces des travaux se font rares. Quelques matériaux dissimulés sous les hautes herbes et une case délabrée, autrefois destinée au stockage du matériel, témoignent encore de l’existence de ce projet.
Pourtant, cette infrastructure devait permettre aux jeunes du district d’étudier à proximité de leurs familles et de réduire les risques liés aux déplacements quotidiens.

Des déplacements risqués pour les élèves
Faute d’établissement secondaire sur place, les élèves sont obligés de rejoindre d’autres localités, parfois dans des conditions préoccupantes. Les trajets en véhicule collectif exposent les jeunes à des risques d’accident, notamment sur les routes sinueuses.
"comme vous venez de voir nous sommes obligés de prendre ce véhicule qui nous amène, on monte autant que nous sommes là. Même quand nous sommes passés en 6e, il y a eu des difficultés même à aller apprendre là-bas parce que les parents se trouve ici. Donc nous sommes obligés de prendre la voiture et dans la voiture là nous tous nous montons dedans. Parfois on se sert même donc il y a les tournants et virages où on peut tomber, il peut y avoir un accident"
a déclaré un habitant à Gabon1ère
Face à ces difficultés, les élèves expriment leur désarroi et interpellent les autorités.
"Je voudrais demander au président s'il vous plaît de nous construire un lycée dans le district de Bifoun"
Les populations réclament des réponses
Alors que le délai d’exécution du chantier avait été fixé à douze mois, les travaux confiés à l’entreprise Caromate n’ont toujours pas abouti. Cette interruption suscite l’incompréhension des habitants, confrontés aux conséquences de l’éloignement des établissements.
"Ici là il faut aller apprendre à Makouké il faut aller à à Lambaréné à Ndjolé"
Pour les parents, cette situation complique également le suivi scolaire et la protection de leurs enfants.
"Moi en tant que parent d'élève mon enfant est loin de là où je suis et pourtant à zéro mètre je peux m'en occuper de mon enfant"
Un autre habitant s’interroge sur les raisons de cette promesse non concrétisée.
"Depuis que le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema est venu donner l'argent pour le collège ça n'a jamais vu le jour on fait comment "
L’urgence d’une reprise des travaux
Désormais, les attentes se tournent vers la nouvelle ministre de l’Éducation nationale. Les populations espèrent des explications, mais surtout une reprise effective du chantier. À Bifoun, l’enjeu dépasse la construction d’un bâtiment. Il concerne l’accès à l’éducation, la sécurité des élèves et les perspectives d’avenir de toute une jeunesse.