tvplusafrique

International

USINE D'ENGRAIS CAMEROUN

USINE D'ENGRAIS CAMEROUN
Le Cameroun et l'Indonésie s'allient pour produire des engrais organiques.

Le Cameroun pourrait accueillir une nouvelle unité industrielle dédiée aux engrais organiques, portée par l’entreprise camerounaise TMG International Investment Group PLC et son partenaire indonésien PT Turrima Agro Mass. L’investissement potentiel est estimé à 15 millions de dollars, soit environ 8,8 milliards de FCFA. Révélé le 19 octobre 2026 par le ministère indonésien des Affaires étrangères, ce projet s’inscrit dans une stratégie de développement de capacités de production locales et de transfert de technologies agricoles.



Les deux entreprises ont signé, le 16 octobre, un protocole d’accord en marge du salon Trade Expo Indonesia 2026. L’initiative prévoit la création d’une unité de production d’engrais organiques intégrée à un vaste complexe agricole, dont la superficie envisagée atteint 25 hectares.



Un complexe agricole intégré sur 25 hectares



Au-delà de la seule fabrication de fertilisants, le projet ambitionne de réunir plusieurs activités agricoles et industrielles sur un même site. Selon des informations publiées le 18 octobre par les médias indonésiens Media Indonesia, Shangbao Indonesia et Disway, les installations pourraient comprendre des laboratoires, des espaces de stockage, des unités de traitement des matières premières, ainsi que des zones consacrées aux cultures et à l’élevage.



L’un des axes du projet consiste à valoriser les matières organiques issues des activités agricoles et animales pour les transformer en fertilisants. Une telle approche pourrait contribuer à renforcer la disponibilité locale des intrants organiques, tout en favorisant une meilleure utilisation des ressources issues des exploitations.



Le ministère indonésien des Affaires étrangères chiffre à 15 millions de dollars la valeur potentielle du projet d’usine d’engrais. Toutefois, aucune ventilation détaillée de cette enveloppe n’a été publiée. La part consacrée aux équipements industriels, aux infrastructures agricoles et aux autres composantes du complexe demeure donc inconnue.



Neuf ans de relations commerciales entre les partenaires



Cette initiative ne part pas de zéro. Selon l’ambassade d’Indonésie au Cameroun, Tebid Harmony Fongang, président de TMG International, importe depuis neuf ans des engrais organiques fabriqués par Turrima. Le projet industriel marquerait ainsi une nouvelle étape dans une coopération commerciale déjà éprouvée.



Les archives du ministère camerounais de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) confirment l’existence de cette relation. Dans sa liste officielle des engrais autorisés à la mise sur le marché, l’administration mentionne deux produits promus par TMG International Investment Group PLC et formulés en Indonésie par PT Turrima Agromass.



Il s’agit du Rhyzobium Polyvalent TMG, un amendement organique granulé, et du Bio Stimulant A-C-G 7-5-6 TMG, présenté sous forme de poudre. Les deux références apparaissent respectivement aux numéros 152 et 153 du document officiel.



TMG dispose également d’une expérience dans l’approvisionnement du secteur agricole camerounais. Le 17 septembre 2024, le Projet d’urgence de lutte contre la crise alimentaire (PULCCA) lui a attribué un accord-cadre de 999,9 millions de FCFA TTC pour fournir des intrants et des équipements de production agropastorale dans l’Adamaoua. Ce marché témoigne de ses activités dans la distribution agricole, sans établir de lien direct avec le nouvel investissement industriel.



Réduire les délais et les coûts logistiques



Pour Turrima, la production au Cameroun répond notamment aux contraintes liées à l’exportation. Son fondateur et directeur général, Mulyono, indique que le transport maritime des engrais depuis l’Indonésie nécessite entre 50 et 60 jours. Selon des propos rapportés par Media Indonesia le 18 octobre, l’entreprise souhaite développer des capacités de production sur ses marchés étrangers afin de réduire les coûts de transport et sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales.



La fabrication locale permettrait donc d’envisager un changement de modèle. Produire au Cameroun, à partir de matières premières disponibles sur place, plutôt que d’importer systématiquement les engrais finis. Cette perspective reste néanmoins conditionnée à des études techniques sur les procédés de transformation, les équipements nécessaires et la disponibilité des ressources.



Un projet encore au stade des intentions



Plusieurs paramètres restent à préciser. Aucun montage financier détaillé ni contrat de construction n’a été rendu public. La mobilisation effective des 8,8 milliards de FCFA n’est pas établie, tandis que la localisation du complexe, sa capacité annuelle de production et le calendrier des travaux demeurent inconnus.



L’accès aux 25 hectares envisagés reste également à définir. Si le projet se concrétise, il pourrait renforcer les capacités locales de production d’engrais organiques. Mais, à ce stade, l’investissement annoncé constitue une perspective industrielle, dont la réalisation dépendra des prochaines étapes techniques, financières et opérationnelles.


Par Pamphil

Top Articles