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CAMEROUN : CONGELCAM ALERTE SUR UNE PÉNURIE DE POISSON DÈS FIN NOVEMBRE

CAMEROUN : CONGELCAM ALERTE SUR UNE PÉNURIE DE POISSON DÈS FIN NOVEMBRE
Au Cameroun, Congelcam alerte sur une possible pénurie de poisson dès fin novembre 2026 après la réduction de son quota d’importation de moitié.


Le Cameroun pourrait faire face à une pénurie de poisson congelé dès la fin novembre 2026. Congelcam, principal importateur du pays, tire la sonnette d’alarme après la réduction de moitié de son quota annuel d’importation, passé de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026, selon les chiffres communiqués par l’entreprise.



Alors que les stocks seraient épuisés et que les approvisionnements supplémentaires restent limités, cette situation fait craindre des tensions sur les marchés et une nouvelle hausse des prix à l’approche des fêtes de fin d’année.



Un quota d’importation réduit de moitié



Le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) a ramené le quota de Congelcam de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026.



Selon les données provisoires de l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun a importé 267 601 tonnes de poissons et crustacés en 2025. Congelcam affirme avoir importé 200 000 tonnes sur la même période.



Cette réduction intervient alors que le poisson congelé représente une source importante de protéines pour de nombreux ménages camerounais.



Des stocks épuisés et une demande supplémentaire limitée



D’après Joseph Flavien Kankeu, responsable de la communication de Congelcam, les stocks de l’entreprise étaient épuisés après sept mois d’activité.



Le 18 septembre 2026, la société a sollicité une autorisation supplémentaire de 100 000 tonnes auprès du ministère. Elle indique n’avoir obtenu qu’un accord portant sur 30 000 tonnes.



« Nous estimons que ce volume pourrait être épuisé en deux mois environ », prévient le responsable.



L’entreprise dispose pourtant d’une capacité de stockage annoncée de 104 000 tonnes à Douala. Elle a également engagé la construction d’un entrepôt de 10 000 tonnes au port de Kribi, pour un investissement supérieur à 10 milliards de FCFA.



Mais ces infrastructures ne peuvent fonctionner à plein régime sans des volumes suffisants de marchandises.



Pourquoi une pénurie est redoutée dès fin novembre



Le calendrier des importations constitue un facteur déterminant. Selon Congelcam, il faut compter entre un et trois mois entre l’obtention des autorisations et l’arrivée effective du poisson dans les entrepôts.



L’entreprise redoute donc des ruptures d’approvisionnement dès la fin novembre, alors que la demande augmente traditionnellement à l’approche des fêtes de fin d’année.



Elle anticipe des tensions susceptibles de se prolonger jusqu’à la première moitié de mars 2027. Il s’agit toutefois d’une prévision de l’entreprise, qui n’a pas été confirmée officiellement par le MINEPIA.



Les prix du poisson déjà sous pression



Les consommateurs pourraient être les premières victimes de cette situation. Selon des témoignages de détaillants rapportés par Koaci, le carton de maquereau serait passé de 25 000 à 32 000 FCFA en quelques semaines.



Les données de l’INS font également état d’une hausse de 4,6 % des prix des poissons et fruits de mer entre avril et mai 2026.



Si les difficultés d’approvisionnement se poursuivent, cette tendance pourrait accentuer la pression sur le budget alimentaire des ménages, particulièrement ceux qui dépendent du poisson congelé pour accéder à des protéines animales à moindre coût.



Congelcam conteste le calcul de son quota



L’entreprise remet également en question la méthode utilisée pour déterminer son quota annuel. Elle affirme que certaines déclarations d’importation expirées auraient été prises en compte dans le calcul réalisé par la Société générale de surveillance.



Congelcam estime que cette situation pourrait expliquer l’écart entre les 100 000 tonnes supplémentaires demandées et les 30 000 tonnes finalement autorisées.



La société conteste par ailleurs l’idée d’un monopole, rappelant que 34 opérateurs sont agréés par le MINEPIA. D’autres importateurs sont présents sur le marché, mais leur capacité à compenser une éventuelle baisse des volumes de Congelcam reste à établir.



Le gouvernement face au défi de l’approvisionnement



La situation pose la question de la gestion des importations de poisson au Cameroun. Les autorités doivent notamment concilier la régulation du marché, le développement de la production locale et la disponibilité des produits alimentaires.



Selon les données citées dans le secteur, la production nationale de poisson est estimée à environ 335 000 tonnes par an, tandis que la demande approcherait les 500 000 tonnes.



Cet écart contribue à la dépendance du pays aux importations. Une éventuelle révision des quotas pourrait donc avoir des conséquences directes sur l’approvisionnement des marchés, compte tenu des délais nécessaires à l’acheminement des marchandises.



Une pénurie annoncée, mais pas encore confirmée officiellement



À ce stade, Congelcam prévoit des tensions sur le marché dès la fin novembre 2026, mais le MINEPIA n’a pas officiellement confirmé qu’une pénurie nationale se produirait à cette échéance.



L’évolution de la situation dépendra notamment des autorisations supplémentaires accordées, des délais de livraison et de la capacité des autres importateurs à approvisionner le marché.



Pour les consommateurs, l’enjeu est immédiat, éviter que les difficultés d’approvisionnement ne se traduisent par des ruptures de stock et une nouvelle hausse du prix du poisson à l’approche des fêtes.


Par NOEMI KIM

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