PRODUIRE POUR LE GABON
Le développement économique s’impose comme l’un des principaux chantiers du nouveau Gouvernement gabonais. Réuni le jeudi 15 octobre 2026 au palais de la Présidence de la République, sous la très haute présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a été l’occasion pour le chef de l’État de préciser les orientations attendues de son équipe, à la suite du réaménagement gouvernemental du 11 octobre.
Au-delà de la nouvelle configuration de l’équipe gouvernementale, le message présidentiel met en avant une ambition économique. Mieux valoriser les ressources nationales, renforcer les capacités productives du pays et favoriser la création d’emplois. Dans cette perspective, la transformation locale des matières premières et la promotion de l’entrepreneuriat apparaissent comme deux leviers essentiels de la politique de développement annoncée.
Transformer les ressources naturelles pour créer davantage de valeur
Pour le président de la République, la diversification de l’économie par la transformation locale des ressources naturelles ne constitue plus une simple option stratégique. Elle représente une orientation à intégrer dans les politiques publiques et dans les stratégies de développement des opérateurs économiques présents au Gabon.
Le chef de l’État a ainsi instruit le gouvernement, notamment les ministres chargés de l’Industrie et des Mines, d’amener les entreprises et leurs partenaires industriels à prendre pleinement en compte cette exigence. L’objectif est de favoriser une exploitation des ressources qui ne se limite pas à leur extraction, mais qui permette également de développer des activités de transformation sur le territoire national.
Cette orientation soulève un enjeu majeur pour l’économie gabonaise. Accroître la valeur ajoutée produite localement. La transformation des matières premières peut, en effet, contribuer au développement de nouvelles activités industrielles, à la consolidation des entreprises nationales et à la diversification des sources de revenus de l’État.
Le Gabon dispose de ressources naturelles importantes, notamment dans les secteurs minier, forestier et énergétique. Leur valorisation constitue un levier potentiel pour élargir la base productive du pays et réduire sa dépendance à un nombre limité d’activités économiques.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition suppose des investissements, des infrastructures adaptées, des compétences techniques disponibles et un environnement favorable au développement industriel. Elle implique également une coopération entre l’État, les investisseurs et les entreprises locales afin de structurer des chaînes de valeur capables de générer des retombées durables.
La priorité affichée par le chef de l’État consiste donc à faire de la richesse naturelle du pays un facteur de développement économique et social, plutôt qu’une ressource dont les bénéfices resteraient insuffisamment diffusés dans l’économie nationale.
L’emploi des jeunes au cœur de la diversification économique
La transformation locale des ressources naturelles s’inscrit dans une orientation plus large : la création d’emplois et l’élargissement des possibilités d’insertion professionnelle, particulièrement pour la jeunesse.
Sur ce point, Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé le Gouvernement à s’engager plus résolument en faveur de l’entrepreneuriat. Selon lui, l’État ne peut plus demeurer la principale variable d’ajustement du marché du travail. Il doit plutôt accompagner les initiatives privées et permettre aux jeunes Gabonais de créer et de développer leurs propres entreprises.
Cette position traduit une volonté de faire évoluer les mécanismes de création d’emplois. Si l’administration publique conserve un rôle important dans l’économie, le développement d’un secteur privé dynamique est présenté comme une condition de l’élargissement des débouchés professionnels.
L’entrepreneuriat peut contribuer à cette dynamique en favorisant l’émergence de petites et moyennes entreprises dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’agro-industrie, les services numériques, la transformation du bois, la maintenance industrielle ou encore les activités liées à la logistique.
Pour produire des effets tangibles, cette orientation devra cependant s’accompagner de mesures adaptées aux contraintes rencontrées par les entrepreneurs. L’accès au financement, la formation professionnelle, l’accompagnement technique, la simplification des démarches administratives et l’accès aux marchés figurent parmi les facteurs susceptibles de déterminer la viabilité des initiatives économiques.
L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à encourager les jeunes à entreprendre, mais aussi à créer les conditions leur permettant de transformer leurs projets en activités durables, capables de générer des revenus et des emplois.
Un nouveau gouvernement attendu sur des résultats concrets
Les orientations économiques formulées lors de ce Conseil des ministres s’inscrivent dans un cadre plus large de responsabilisation de l’action gouvernementale. À l’ouverture des travaux, le président de la République a rappelé que le maintien de certains ministres et l’arrivée de nouveaux responsables ne constituaient ni une récompense ni une distinction honorifique, mais une charge impliquant des obligations envers la Nation.
Le chef de l’État a notamment insisté sur quatre exigences. L’alignement de l’action gouvernementale sur le projet de société et le Plan national de croissance et de développement (PNCD), la cohérence entre les départements ministériels, l’obtention de résultats et l’exemplarité dans la gestion des affaires publiques.
Ces principes concernent directement la politique économique. La transformation locale des ressources et la promotion de l’entrepreneuriat nécessitent une coordination entre plusieurs administrations, notamment celles chargées de l’Industrie, des Mines, de l’Économie, de la Formation professionnelle et de l’Emploi.
Elles supposent également une articulation entre les orientations politiques, les instruments réglementaires et les moyens budgétaires. Le président de la République a d’ailleurs rappelé que les nouveaux membres du Gouvernement prenaient leurs fonctions dans une période marquée par la préparation du projet de loi de finances pour 2027.
Cette échéance représente un moment important pour traduire les priorités annoncées en programmes, en mécanismes d’accompagnement et en choix d’investissement. Elle devra notamment permettre de préciser les ressources mobilisées en faveur des secteurs jugés stratégiques et les dispositifs destinés à soutenir la création d’activités économiques.
La question centrale sera celle de la mise en œuvre. Comme l’a souligné le chef de l’État, une activité administrative ne constitue pas nécessairement un résultat, pas plus qu’un texte adopté ne garantit, à lui seul, l’application effective d’une réforme.
Des ambitions économiques à traduire dans la vie quotidienne
La stratégie exposée par le président de la République place ainsi la production, la transformation et l’emploi au cœur des attentes adressées au nouveau Gouvernement. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des politiques publiques à produire des effets mesurables sur l’économie et les conditions de vie des populations.
Pour les entreprises, l’enjeu sera de disposer d’un cadre suffisamment prévisible pour investir, développer leurs activités et recruter. Pour les jeunes, il s’agira de pouvoir accéder à des formations adaptées, à des financements et à des débouchés économiques réels. Pour l’État, le défi consistera à accompagner cette dynamique tout en veillant à la bonne utilisation des ressources publiques.
La transformation locale ne saurait, à elle seule, garantir une diversification économique durable. Elle devra s’inscrire dans une politique plus large intégrant le développement des infrastructures, la disponibilité de l’énergie, la formation du capital humain, l’amélioration de la gouvernance et la compétitivité des entreprises.
Le président de la République a également demandé au Gouvernement de mieux expliquer au peuple gabonais les décisions prises et les mesures engagées. Cette exigence de communication revêt une importance particulière pour les politiques économiques, dont les effets peuvent nécessiter du temps avant de devenir visibles.
Informer les citoyens sur les objectifs poursuivis, les moyens engagés et les résultats obtenus permettra de rendre l’action publique plus lisible et d’apprécier les progrès accomplis.
Produire davantage, transformer localement et élargir les opportunités
À travers les instructions données lors du Conseil des ministres du 15 octobre 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema fixe une orientation . Celle de faire de la diversification productive et de l’entrepreneuriat des composantes essentielles du développement national.
La transformation locale des ressources naturelles et la création d’entreprises portées notamment par les jeunes constituent les deux axes complémentaires de cette ambition. Leur articulation pourrait favoriser l’émergence de nouvelles activités, renforcer le tissu économique national et élargir les perspectives d’emploi.
Reste désormais à traduire ces orientations en politiques opérationnelles, dotées de moyens adaptés et assorties d’objectifs vérifiables. C’est à l’aune des investissements réalisés, des entreprises créées, des emplois générés et de la valeur ajoutée produite au Gabon que pourra être appréciée la portée de cette stratégie.