CAMEROUN : LES PRÉJUDICES FINANCIERS LIÉS À LA CORRUPTION ATTEIGNENT 6,27 MILLIARDS DE FCFA EN 2025
Les préjudices financiers liés à la corruption évalués par la Commission nationale anti-corruption (CONAC) ont atteint 6,27 milliards de FCFA en 2025, contre 4,1 milliards en 2024. Ces chiffres figurent dans le 15ᵉ rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun, présenté le 8 octobre 2026 à Yaoundé.
Une hausse de 53 % en un an
Selon le rapport, les préjudices financiers évalués ont augmenté de 2,17 milliards de FCFA en un an, soit une progression d’environ 53 %. Le document recense également 112 contributions reçues par la CONAC pour son élaboration en 2025, contre 104 l’année précédente.
Lors de la présentation du rapport, le président de l’institution, le révérend docteur Dieudonné Massi Gams, a toutefois indiqué que les préjudices subis par le Cameroun du fait de la corruption étaient en diminution et que des recouvrements étaient en cours.
Des opérations menées à Douala et à Ngaoundéré
En 2025, plusieurs interventions ont été conduites à la suite de signalements et de plaintes de citoyens. À Douala, du 4 au 8 août, 18 personnes, dont trois femmes, ont été arrêtées et détenues. Elles sont soupçonnées notamment d’extorsion, de détournement de fonds publics, de faux et usage de faux, de corruption et d’abus de pouvoir.
À Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, une opération menée du 9 au 13 juin a abouti à l’arrestation et à la détention de cinq personnes. Les faits qui leur sont reprochés comprennent notamment le détournement de fonds publics, l’usurpation d’identité, la fraude bancaire, le favoritisme et l’abus de fonction.
Ces procédures font suite à des signalements, mais les éléments présentés ne permettent pas d’établir un lien direct entre ces opérations et le montant total des préjudices évalués.
Des résultats encore contestés
La CONAC fait également état de 5,8 milliards de FCFA recouvrés. Toutefois, la période couverte et la nature exacte de ces sommes doivent être précisées pour les comparer directement aux préjudices financiers évalués en 2025.
Pour Siméon Wachou, expert en justice criminelle, les efforts engagés restent insuffisants, notamment en matière de prévention et de ciblage des secteurs les plus exposés à la corruption.
La prévention au cœur des enjeux
Au-delà des arrestations et des sommes annoncées, la lutte contre la corruption pose la question de l’efficacité des mécanismes de prévention, du contrôle des secteurs sensibles et du recouvrement des fonds concernés.
L’évolution des préjudices financiers évalués par la CONAC souligne ainsi l’importance de renforcer les dispositifs de contrôle et de transparence dans la gestion des ressources publiques au Cameroun.