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PERMIS OUBLIÉS

PERMIS OUBLIÉS
Près de 7 000 permis digitalisés abandonnés au ministère des Transports au Gabon.


L'incivisme au volant, une spécialité locale ?


Comment expliquer qu'au Gabon, on puisse dépenser du temps et de l’argent pour obtenir le précieux sésame, pour ensuite l'abandonner à son sort ? C’est ici que le paradoxe gabonais éclate au grand jour. Tous les jours, les usagers se plaignent des contrôles routiers intempestifs et de la sévérité des forces de l'ordre. Pourtant, près de 7 000 conducteurs choisissent délibérément de rouler sans permis digitalisé, préférant s'exposer aux éventuelles sanctions qui pourraient être prononcées plutôt que de faire un ultime déplacement au Centre national d'édition. Cet abandon massif témoigne d'un profond incivisme. On exige un État moderne et digitalisé, mais on refuse de se plier à la rigueur de sa finalisation.

Le règne du « clando » face à la démission des usagers


Pendant que ces 6 993 permis dorment dans les bureaux climatisés, les « clandos » et taxis de fortune continuent de régner en maîtres sur le goudron ou les routes défoncées de nos quartiers, souvent sans l'ombre d'un document valable. L'argumentation est simple. Cette négligence des automobilistes légitimes fragilise tout le système de sécurité routière. En laissant leurs titres de côté, ces usagers s'assimilent volontairement aux chauffeurs des "clando" qu'ils passent pourtant leur temps à critiquer. Comment exiger de l'ordre sur nos routes quand les citoyens en règle se comportent avec la même désinvolture que les transporteurs illégaux ?


Un gâchis logistique intolérable


Au-delà de l'anarchie routière, maintenir près de 7 000 documents administratifs sous clé est un non-sens économique et logistique. L'État a déployé des moyens pour moderniser le transport, mais la population traîne les pieds. Pour les bénéficiaires, la procédure est terminée, il suffit de tendre la main. Continuer à conduire sans son permis digitalisé alors qu'il est disponible n'est plus une fatalité administrative, c'est un choix. Un choix qui alimente le désordre urbain et donne raison à ceux qui pensent que le désordre routier à Libreville a encore de beaux jours devant lui.

 

 


Par Pamphil

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