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PÉNURIE DE SUCRE ?

PÉNURIE DE SUCRE ?
Pénurie de sucre au Gabon, la grève paralyse la distribution.



Quand l’or blanc se fait rare


Le cœur du problème bat à Franceville, dans le Haut-Ogooué, où l'unique raffineur majeur du pays est paralysé. Menés par le Syndicat des travailleurs du sucre (Sytrasuc), les salariés ont croisé les bras. Ils dénoncent des conditions de travail précaires, un manque criant d'équipements de protection individuelle et une rupture brutale du dialogue avec le repreneur turc, le groupe MFB.

Certes, la direction tente de colmater les brèches en imposant un service minimum sur les infrastructures vitales comme le traitement des eaux ou la sécurité. Mais ne nous leurrons pas. Le rythme d’extraction et de distribution s'est effondré. Dans un pays où le tissu industriel sucrier montrait déjà de graves signes d’essoufflement, avec une production locale en chute libre de plus de 21 %, ce blocage social s'apparente à un coup de grâce pour l'autosuffisance alimentaire.

La valse des étiquettes a déjà commencé


Dans les épiceries de quartier et les grandes surfaces, le signal d’alarme a déjà retenti, et il a le goût amer de la spéculation. Officiellement, le prix du paquet de sucre est administré et fixé à 900 FCFA. Pourtant, sur le terrain de l'économie informelle, la loi de l'offre et de la demande dicte sa propre vérité. Le précieux sachet s'arrache désormais plus de 900 FCFA dans certaines localités.

Les commerçants, anticipant un assèchement complet des grossistes, rationnent ou font grimper les enchères. Pour le Gabonais moyen, qui subit déjà de plein fouet d'autres tensions logistiques comme les perturbations sur les carburants, cette inflation du sucre menace de provoquer un effet domino sur d’autres produits de première nécessité (pâtisseries, boissons, petits-déjeuners).

L’importation massive, l'unique bouée de sauvetage ?


Alors, la rupture totale est-elle inévitable ? Pas tout à fait, mais l’équilibre est précaire. Pour éviter que le pays ne se retrouve totalement à sec, le Gabon n'a d'autre choix que de se tourner vers l'extérieur. Les importations exceptionnelles ont déjà bondi de plus de 212 % pour pallier le déficit structurel de l'usine locale.

Cependant, dépendre des cargaisons maritimes prend du temps et coûte cher aux finances publiques. Le ministère du Commerce se retrouve au pied du mur. Il doit d'une part accentuer les contrôles policiers sur la chaîne de distribution pour punir les spéculateurs, et d'autre part accélérer l'arrivée du sucre importé.


La solution durable ne viendra pas des ports, mais bien de la table des négociations. Tant qu'un protocole d'accord solide ne sera pas signé à Franceville pour relancer durablement les machines, le spectre de la pénurie continuera de hanter les tasses de café des Gabonais.










Par Pamphil

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