CEMAC, LE TRAFIC DE MÉDICAMENTS QUI MENACE DIRECTEMENT DES VIES
Les six pays de la CEMAC font face à une importante circulation illicite de médicaments, dans un contexte marqué par l’accès limité aux traitements sûrs et abordables.
Selon un rapport de l’ONUDC, de l’OMS et de la CEMAC, les trafiquants détournent des médicaments réglementés et commercialisent également des produits contrefaits ou de qualité inférieure.
Antibiotiques, antipaludiques, antidouleurs et substances psychoactives figurent notamment parmi les produits concernés.
Entre 2020 et 2025, au moins 251 tonnes de médicaments ont été saisies dans les six pays de la communauté.
Des conséquences invisibles
Le trafic de médicaments ne se limite pas à la circulation de produits vendus en dehors des circuits officiels, il représente une menace directe pour la santé des populations. La consommation de médicaments contrefaits, de qualité inférieure ou mal conservés peut entraîner l’échec des traitements, aggraver l’état de santé des patients et, dans certains cas, provoquer des effets indésirables graves. Pour les maladies comme le paludisme, la tuberculose ou le VIH, l’utilisation de traitements inefficaces peut également compromettre la prise en charge des patients et favoriser la persistance des infections.
À cette menace s’ajoute le risque de développement de résistances aux antimicrobiens, notamment lorsque les patients consomment des antibiotiques inadaptés ou de mauvaise qualité. Les conséquences sont parfois difficiles à mesurer immédiatement, car elles peuvent apparaître progressivement dans les communautés. Au-delà des patients directement exposés, c’est donc l’ensemble du système de santé qui est fragilisé par ce phénomène, avec des coûts supplémentaires, une perte de confiance dans les traitements et une pression accrue sur les structures sanitaires.