« EN VIE »
Cette information a été communiquée à l’organisation par le ministre de la Justice et des Droits humains, Alio Daouda. Il s’agit de la première prise de parole officielle des autorités nigériennes concernant le sort du journaliste depuis sa disparition à Niamey.
Moussa Kaka avait cessé de donner signe de vie après avoir quitté, le 31 août au soir, les locaux de son média, la Radio Télévision Saraounia. Depuis cette date, sa famille, ses confrères et plusieurs organisations de défense des droits humains réclamaient des explications sur sa situation.
Le gouvernement affirme qu’il est vivant
Interrogé par RSF, Alio Daouda a assuré que le journaliste était toujours en vie.
« Il est en vie et sa famille le sait »
a déclaré le ministre, reprenant ainsi une affirmation déjà formulée le 25 septembre lors d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève.
À cette occasion, le ministre avait également rejeté l’idée de disparitions de citoyens organisées par l’État. Il avait alors affirmé que Moussa Kaka était détenu et qu’il devait répondre devant la justice de faits qualifiés d’« infractions ».
Ces déclarations constituent la première reconnaissance publique de la détention du journaliste depuis son départ des locaux de son média.
RSF demande davantage de garanties
Pour Reporters sans frontières, cette confirmation représente certes une « preuve de vie », mais elle ne met pas fin aux inquiétudes. L’organisation estime que la situation de Moussa Kaka reste préoccupante tant que son lieu de détention, les charges retenues contre lui et les conditions de son accès à sa famille et à un avocat ne sont pas connus.
Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de RSF, a évoqué un « soulagement » tout en soulignant que les interrogations demeurent nombreuses.
Selon lui, la déclaration du ministre permet néanmoins de clarifier un élément essentiel. Les autorités reconnaissent désormais officiellement avoir Moussa Kaka sous leur contrôle.
L’ONG réclame sa libération
Après plusieurs semaines de silence, RSF appelle désormais les autorités nigériennes à fournir des informations précises sur la procédure engagée contre le journaliste.
L’organisation demande surtout que Moussa Kaka puisse bénéficier de ses droits fondamentaux et appelle à sa
« libération immédiate ».
Journaliste expérimenté, Moussa Kaka est connu pour avoir couvert pendant plusieurs décennies l’actualité nigérienne. Sa disparition avait suscité de nombreuses interrogations au Niger et au sein de la communauté journalistique internationale.
La confirmation de sa détention apporte donc un premier élément concret sur son sort, mais laisse ouvertes plusieurs questions. Où est-il détenu, quels faits lui sont reprochés et dans quelles conditions pourra-t-il être assisté par sa famille et un avocat ?