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EMPLOI, QUAND L’EXPÉRIENCE DEVIENT UN PARADOXE POUR LES EMPLOYEURS

EMPLOI, QUAND L’EXPÉRIENCE DEVIENT UN PARADOXE POUR LES EMPLOYEURS
Sur un marché du travail où l’expérience professionnelle est souvent présentée comme un atout indispensable, les jeunes diplômés se retrouvent face à un paradoxe : pour décrocher leur premier emploi, ils doivent déjà avoir travaillé.

Les offres d’emploi destinées aux débutants exigent de plus en plus souvent une première expérience professionnelle.  Cette situation complique l’insertion des jeunes qui sortent des universités ou des centres de formation sans avoir eu l’occasion de travailler.
Au Gabon, entre stages, contrats précaires et exigences parfois disproportionnées, le passage des études à l’emploi devient un véritable parcours du combattant.
Derrière cette difficulté se pose une question essentielle, celle de savoir comment acquérir de l’expérience lorsqu’aucun employeur n’accepte de donner une première chance ?


L'exigence de l’expérience devient un obstacle à l’insertion


Pour de nombreux jeunes gabonais, l’entrée dans la vie professionnelle commence par une contradiction difficile à surmonter : les entreprises recherchent des candidats immédiatement opérationnels, alors que les nouveaux diplômés ont précisément besoin d’un premier emploi pour développer les compétences recherchées. Dans de nombreuses annonces, les recruteurs demandent une expérience d’un, deux, voire plusieurs années pour des postes pourtant présentés comme accessibles aux débutants.


Cette exigence peut sembler légitime du point de vue de l’employeur, qui souhaite limiter les coûts liés à la formation et recruter une personne capable d’être rapidement autonome. Mais elle peut aussi constituer une véritable barrière à l’entrée pour les jeunes qui n’ont encore jamais occupé un poste stable. Le problème est particulièrement visible chez ceux qui viennent de terminer leurs études et dont le parcours repose principalement sur des connaissances théoriques, des travaux pratiques ou des projets universitaires.


La précarité des premières expériences professionnelles


À cela s’ajoute la question de la qualité de ces premières expériences. Un stage de quelques mois, un emploi temporaire ou une activité sans rapport direct avec la formation suivie ne suffit pas toujours à répondre aux critères des recruteurs. Certains jeunes accumulent ainsi les expériences sans parvenir à décrocher un contrat durable. Cette situation peut également pousser une partie d’entre eux à accepter des emplois en dessous de leur niveau de qualification, simplement pour pouvoir inscrire une première ligne sur leur CV. D’autres multiplient les candidatures et essuient des dizaines de refus, ce qui peut progressivement provoquer découragement, perte de confiance et sentiment de déclassement. 

Par NYANGUI

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