DÉCOLONISER LES ESPRITS
À travers des échanges nourris, les participants ont interrogé les traces laissées par la colonisation dans les sociétés africaines et leur influence persistante sur les manières de penser, de vivre et de se représenter le monde. Se réapproprier son histoire et sa culture Au centre des discussions, l’afrocentricité a occupé une place importante. Cette approche invite notamment les Africains à renouer avec leurs cultures, leurs valeurs et leur histoire, tout en affirmant leur capacité à déterminer eux-mêmes le modèle de société auquel ils aspirent. « L’afrocentricité dit que les Africains devraient être africains, c’est-à-dire pratiquer nos propres cultures, avoir nos propres valeurs, décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes de comment nous voulons vivre nos vies » a expliqué un intervenant. La démarche consiste également à mieux comprendre les mécanismes hérités de l’histoire afin de s’en affranchir progressivement. « On apprend à comprendre ce que l’on nous a fait. On apprend à comprendre aussi les armes qui vont nous aider à nous dessaisir de ce qui nous empêche de devenir pleinement nous » a-t-il ajouté. La culture comme levier de souveraineté Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère de la Culture a réaffirmé l’importance accordée par les pouvoirs publics à la valorisation de l’histoire et du patrimoine culturel gabonais, dans une perspective africaine plus globalisante. Pour le gouvernement, la culture ne représente pas uniquement un héritage à protéger. Elle constitue également un levier de développement économique, de cohésion sociale, de diplomatie d’influence et d’affirmation de la souveraineté. Au terme des échanges, cette rencontre aura ainsi permis aux universitaires et aux chercheurs de confronter leurs analyses et d’explorer de nouvelles pistes autour d’une question centrale. Comment renouer avec soi-même pour mieux penser l’avenir de l’Afrique ?