PARTENARIAT SINO-GABONAIS
L'objectif de ces assises est de déterminer comment les économies africaines, notamment celle du Gabon, peuvent transformer ces nouvelles dispositions commerciales en véritables leviers de croissance et de développement.
Transformer les opportunités en richesses locales
À l'initiative de ce rendez-vous, l'Institut Prométhée entend dépasser les simples déclarations d'intention pour réfléchir aux mécanismes concrets permettant au Gabon de tirer profit de l'ouverture commerciale chinoise.
Pour les responsables de ce groupe de réflexion, la priorité consiste à identifier les produits gabonais susceptibles d'être exportés vers la Chine, tout en évaluant leur compétitivité à court, moyen et long terme. La réussite de ce partenariat dépendra également des investissements humains, techniques et financiers nécessaires pour accompagner les entreprises nationales.
Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par sept décennies de relations diplomatiques et de coopération entre la Chine et l'Afrique. Le 15e plan quinquennal chinois, qui définit les grandes orientations économiques de Pékin, ouvre de nouvelles perspectives aux pays africains.
Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique une politique de droits de douane nuls aux produits provenant des pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. Une initiative annoncée par le président chinois Xi Jinping, qui pourrait favoriser les exportations africaines.
La transformation industrielle, condition de la souveraineté
Toutefois, cette ouverture commerciale ne garantit pas automatiquement des retombées économiques pour les pays africains. La question de la transformation locale des matières premières s'est imposée comme l'un des principaux enjeux des discussions.
Les intervenants ont notamment souligné qu'exporter des produits agricoles bruts, comme les mangues, ne permet pas nécessairement de créer une valeur ajoutée importante dans l'économie nationale. À l'inverse, leur transformation sur place favoriserait le développement des entreprises locales, la création d'emplois et l'amélioration des revenus des populations.
Pour le Gabon, l'enjeu consiste donc à développer des capacités industrielles permettant de transformer davantage ses ressources avant leur commercialisation à l'étranger. Une telle stratégie contribuerait à renforcer la souveraineté économique du pays et à réduire sa dépendance aux exportations de matières premières.
Vingt-quatre intervenants pour quatre grands panels
Au total, 24 intervenants venus notamment de Chine, du Congo, du Cameroun, de Centrafrique, de Côte d'Ivoire et du Togo prennent part à cette rencontre internationale.
Les travaux s'articulent autour de quatre grands panels. Le premier porte sur le 15e plan quinquennal chinois, la politique de suppression des droits de douane et les orientations de la coopération sino-africaine.
Le deuxième examine les moyens permettant aux économies, aux industries et aux secteurs commerciaux africains de profiter de ces nouvelles opportunités. Le troisième s'intéresse à l'adaptation de certaines expériences chinoises en matière de gouvernance aux réalités africaines.
Enfin, le quatrième panel est consacré aux échanges humains et culturels entre la Chine et l'Afrique.
Au-delà des discussions diplomatiques et économiques, ce colloque pose ainsi une question essentielle. Comment faire de l'ouverture commerciale chinoise un véritable instrument d'industrialisation, de création d'emplois et de souveraineté pour le Gabon et les autres pays africains ?