JEUNESSE EMPOISONNÉE ?
Une génération progressivement exposée
Le véritable scandale ne réside pas uniquement dans la quantité de drogue interceptée, mais dans la facilité déconcertante avec laquelle ces substances peuvent alimenter les circuits de consommation. Il faut avouer avec regret que chaque plaquette de Tramadol constitue un risque supplémentaire pour la jeunesse gabonaise. Combien de jeunes devront encore compromettre leur avenir avant que cette menace ne soit véritablement prise au sérieux ?
À Libreville, comme dans d'autres localités du pays, la question mérite un débat national. Les parents peuvent-ils encore être sereins lorsque leurs enfants fréquentent des établissements scolaires où les stupéfiants risquent de circuler ? L'inquiétude est légitime. Un adolescent exposé à ces substances risque progressivement de compromettre sa scolarité, ses relations familiales et ses perspectives professionnelles. Sa santé est également mise à rude épreuve.
Des familles face à leurs responsabilités
Il serait toutefois trop facile de faire porter toute la responsabilité aux autorités. La vigilance commence également au sein des familles. Les parents doivent pouvoir parler des dangers de la drogue avec leurs enfants, repérer les changements de comportement et ne pas banaliser certaines fréquentations à risque.
Mais comment demander aux familles de protéger leurs enfants si les réseaux de distribution continuent de prospérer ? La prévention scolaire, les campagnes de sensibilisation et le contrôle des circuits de distribution doivent aller de pair. Les interpellations ne suffiront pas si les consommateurs restent sans accompagnement.
Une bataille qui dépasse les douanes
La saisie réalisée par les douaniers constitue une opération importante, mais elle ne saurait, à elle seule, enrayer le phénomène. Les autorités doivent désormais s'attaquer aux réseaux qui alimentent ce commerce et renforcer la prévention auprès des jeunes.
Le Gabon peut-il se permettre de laisser une partie de sa jeunesse sombrer dans la dépendance ? La lutte contre le Tramadol ne doit pas être une simple succession de saisies. Elle doit devenir une véritable priorité de santé publique et de protection de l'enfance. En effet chaque fois qu'un jeune est exposé à la drogue, c'est aussi l'avenir du pays qui est en jeu.