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OR : 100 TONNES

OR : 100 TONNES
Côte d’Ivoire : ambition de devenir premier producteur africain d’or en 2035.

La Côte d’Ivoire fixe le cap de ses ambitions. Le pays veut changer de dimension sur le marché africain de l’or. Alors que les ouvertures de mines se multiplient, que plusieurs projets de grande envergure entrent dans leur phase de développement et que l’exploration gagne en intensité, Abidjan affiche désormais une ambition continentale. Devenir, à l’horizon 2035, le premier producteur africain d’or.



Le cap a été réaffirmé par le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, à l’occasion de la réunion consacrée à l’opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP). Selon le ministre, la mise en place d’une unité d’affinage d’une capacité annoncée de 100 tonnes d’or doit accompagner cette montée en puissance. {Une industrie en pleine accélération


Le calendrier est désormais posé. L’unité d’affinage devrait entrer en exploitation au terme du premier semestre 2027. À plein régime, elle pourra traiter environ 100 tonnes d’or, soit un volume que le gouvernement rapproche de la production attendue des futures mines industrielles.


L’infrastructure ne constitue donc pas seulement un nouvel équipement industriel. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la maîtrise nationale de la chaîne de valeur aurifère, de l’extraction à la transformation et à la commercialisation.


Cette dynamique intervient après une décennie de forte progression de la production ivoirienne. Les données du World Gold Council confirment l’importance croissante de l’Afrique de l’Ouest dans l’offre mondiale d’or, avec notamment une progression marquée de la production ghanéenne en 2025. 


Pour Abidjan, l’enjeu est désormais de transformer l’essor des capacités minières en changement d’échelle durable.


De nouveaux projets pour augmenter les volumes


La trajectoire annoncée repose d’abord sur l’arrivée de nouvelles capacités de production. Plusieurs projets sont déjà engagés ou en développement, tandis que des mines existantes poursuivent leurs programmes d’expansion.


Le futur complexe aurifère de Koné figure parmi les projets appelés à renforcer significativement l’offre ivoirienne. D’autres développements, notamment à Assafou, Doropo ou Afema, doivent également contribuer à accroître les volumes au cours des prochaines années. En parallèle, l’exploration continue de rechercher de nouveaux gisements, notamment dans le nord-ouest du pays.


Cette multiplication des projets constitue le principal levier de l’ambition gouvernementale. Elle traduit aussi l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le potentiel géologique ivoirien.


Mais le défi reste considérable. En 2025, le Ghana a enregistré une forte hausse de sa production aurifère, portée notamment par la montée en puissance de nouvelles opérations minières. Le World Gold Council souligne ainsi une progression de 24 % de la production ghanéenne sur l’année. L’artisanal, l’autre front de la stratégie


La stratégie ivoirienne ne se limite toutefois pas aux grandes mines industrielles. Le gouvernement entend également reprendre davantage le contrôle de l’exploitation artisanale et semi-industrielle, un segment dont une partie de la production échappe encore aux circuits formels.


C’est dans cette perspective que s’inscrit la SIMEP. La société doit notamment intervenir dans l’exploitation de mines semi-industrielles, le fonctionnement d’un comptoir national d’achat d’or, la transformation et la commercialisation du métal précieux. L’objectif affiché est de mieux structurer la filière et d’en capter davantage de valeur ajoutée. Cette question est loin d’être secondaire. À l’échelle du continent, l’exploitation artisanale et à petite échelle demeure particulièrement difficile à quantifier. SWISSAID estime que plusieurs centaines de tonnes d’or artisanal sont produites chaque année en Afrique sans être déclarées, alimentant des circuits commerciaux échappant en partie aux États producteurs. Une ambition qui devra encore franchir plusieurs obstacles.


La Côte d’Ivoire dispose donc de plusieurs cartes. En portefeuille de projets en développement, des investissements dans l’exploration, une volonté de renforcer la transformation locale et une nouvelle architecture destinée à mieux organiser le secteur artisanal.


Reste la question centrale. Celle du rythme auquel ces capacités pourront effectivement entrer en production et atteindre leur régime nominal. L’objectif de 2035 suppose en effet une progression suffisamment rapide pour réduire l’écart avec les principaux producteurs africains.


L’enjeu ne sera donc pas uniquement d’extraire davantage d’or. Abidjan devra aussi sécuriser les investissements, accélérer la mise en production des projets, renforcer la traçabilité du métal et contenir les pertes liées aux circuits informels.


La future unité d’affinage symbolise cette nouvelle étape. En installant davantage de valeur ajoutée sur son territoire, la Côte d’Ivoire cherche à ne plus être seulement une terre d’extraction, mais à construire une véritable industrie aurifère intégrée.


D’ici 2035, l’ambition affichée par le gouvernement sera ainsi confrontée à une double exigence. Augmenter fortement les volumes produits et mieux maîtriser les flux d’or issus du pays. C’est sur cette combinaison entre nouvelles mines, formalisation du secteur et transformation locale que se jouera la crédibilité de la trajectoire annoncée.



Par Pamphil

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