POPULATIONS CONSULTÉES
Présidée par le gouverneur de la Ngounié, Francis Oyinamono, la rencontre intervient dans le cadre de la demande d’autorisation introduite par l’opérateur auprès de l’administration de l’Environnement pour l’exploitation du permis G4-911, rapporte l'AGP.
Une étude d’impact avant toute autorisation définitive
Conformément aux articles 30 et 38 du Code de l’environnement et à l’arrêté n°107, une mission d’évaluation a été engagée pour préparer une Étude d’impact environnemental et social (EIES).
Selon Paul-Simon Loundou, représentant de l’administration de l’Environnement, la consultation intervient après une visite du site et une réunion de cadrage. Elle vise à présenter aux communautés le projet, ses méthodes d’exploitation, les impacts environnementaux et sociaux identifiés ainsi que les mesures d’atténuation envisagées.
« Au terme de l’évaluation, il y aura un document qui lie l’administration et l’opérateur et qui permet de faire le suivi, le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) »
a-t-il expliqué.
Les préoccupations recueillies auprès des habitants doivent être consignées dans un procès-verbal et intégrées au volet social de l’étude.
Les populations demandent des garanties
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont émergé. Les habitants ont notamment insisté sur l’indemnisation des personnes affectées, la protection de l’environnement, l’accompagnement socio-économique et l’emploi des jeunes.
La question des conditions de travail a également été soulevée par des travailleurs locaux employés en sous-traitance.
« On travaille avec les Chinois, mais il n’y a pas vraiment de bon salaire. 180.000 FCFA à la fin de chaque mois »
a témoigné l’un d’eux.
Il dénonce également l’absence de contrats de travail et des horaires qu’il juge excessifs, affirmant travailler parfois de 6h30 à minuit.
L’eau et les plantations au centre des inquiétudes
Les femmes de Massima ont particulièrement alerté sur la qualité de l’eau des rivières. Une habitante, venue avec un seau contenant de l’eau boueuse, a déclaré,
« C’est l’eau sale de là où les Chinois travaillent. Avant, on lavait les assiettes, l’eau était propre. Depuis leur arrivée en juin, l’eau est devenue comme ça »
Face à cette situation, elles demandent l’installation de pompes hydrauliques dans les différents quartiers. « Massima compte sept quartiers. Nous voulons au moins une pompe par quartier », a-t-elle ajouté.
La destruction des plantations constitue une autre source de préoccupation. « Nos mamans se plaignent. Leurs champs sont dévastés. Jusqu’à aujourd’hui, aucune maman n’a été dédommagée pour sa plantation », a déploré Stéphane, un autochtone du village.
Les orpailleurs artisanaux veulent préserver leurs espaces
Les exploitants artisanaux ont également demandé une clarification des zones d’exploitation. Originaire de Mobiro, Manza Fernan César a plaidé pour la préservation des espaces dédiés à l’exploitation artisanale de l’or alluvionnaire.
Une autorisation encore conditionnée
Pour le ministère des Mines, représenté par le directeur de l’exploitation des mines à petite échelle, Gervais Nsi Ovono, le projet intervient dans le cadre de la réouverture encadrée des activités minières à petite échelle, après leur suspension, à la faveur d’une dérogation spéciale.
L’autorisation définitive reste toutefois conditionnée à la délivrance d’un certificat de conformité environnementale, après validation de l’EIES à Libreville.
Le responsable a également rappelé les retombées prévues par le Code minier, notamment à travers le Fonds de développement des communautés locales (FDCL), alimenté par les taxes prélevées auprès de l’opérateur.
En attendant la validation de l’étude, l’administration assure que les préoccupations exprimées à Massima seront intégrées au Plan de gestion environnementale et sociale. L’enjeu sera désormais de transformer ces engagements en mesures concrètes, afin que le projet puisse, le cas échéant, se développer dans un cadre conciliant activité minière, protection de l’environnement et intérêts des communautés locales.