PROTÉGER LES ENSEIGNANTS
À Libreville comme à Oyem, le sujet mérite d’être posé sans détour. Quelle protection réelle l’État garantit-il aux enseignants confrontés aux violences dans l’exercice de leur métier ?
Face à chaque incident, il y a un professionnel, une famille et parfois une carrière bouleversée. Or, lorsque la violence s’installe, c’est toute l’autorité pédagogique qui se trouve progressivement affaiblie.
Quand l’enseignant se retrouve seul
Le problème ne se limite pas aux comportements de certains élèves. Les tensions peuvent également opposer enseignants, parents d’élèves, responsables administratifs ou collègues. Dans ce contexte, le silence peut devenir une seconde violence.
Un enseignant menacé sait-il précisément à qui signaler les faits ? Existe-t-il un dispositif rapide d’accompagnement psychologique, administratif et juridique ? Les sanctions prévues sont-elles suffisamment dissuasives ? Et surtout, les victimes sont-elles effectivement protégées lorsqu’elles osent parler ? ou porter plainte ?
Ces questions ne concernent pas uniquement le corps enseignant. Elles interrogent directement la qualité du système éducatif gabonais.
Protéger l’enseignant, protéger l’école
Renforcer la sécurité autour des établissements est nécessaire, mais cela ne suffira pas. La protection doit également passer par des procédures claires de signalement, un accompagnement des victimes et une réponse institutionnelle rapide.
Il faut aussi rétablir un dialogue solide entre écoles, familles et communautés. L’autorité de l’enseignant ne peut être durablement préservée si celui-ci travaille dans la peur ou avec le sentiment d’être abandonné.
Une question désormais publique
Le Gabon doit-il attendre qu’un drame survienne pour repenser la protection des enseignants ?
À Libreville, Oyem, Port-Gentil, Franceville ou ailleurs, cette question mérite un débat national. Peut-on exiger des enseignants qu’ils construisent l’avenir du pays tout en les laissant sans protection face aux violences professionnelles ?