TRAQUE D'OR
Un « passeport » pour chaque lingot
La mesure annoncée par le gouvernement gabonais repose sur un principe simple. Rendre l’or gabonais identifiable de son extraction jusqu’à son acheteur final.
La future raffinerie de Nkok devrait ainsi apposer un QR code sur les lingots. Une simple lecture permettra de retrouver le permis d’exploitation, la société concernée et le parcours du métal précieux. De quoi compliquer considérablement la circulation d’or issu de circuits clandestins ou de provenance douteuse.
Cette traçabilité pourrait constituer un véritable avantage commercial. Dans un marché international de plus en plus attentif à l’origine des matières premières, le Gabon entend ainsi offrir à son or une véritable identité. Un label gabonais, fondé sur l’authenticité, la traçabilité et la conformité.
Une ambition qui dépasse les frontières
Le projet ne se limite pas à la lutte contre la fraude. Les autorités veulent également interdire l’achat de l’or directement auprès des particuliers et instaurer des comptoirs spécialisés. La raffinerie devrait produire un métal d’une pureté évaluée à 99,999 %.
Cette stratégie pourrait faire du Gabon un laboratoire régional. Dans un espace CEMAC où la traçabilité de l’or reste un défi majeur, Libreville veut démontrer qu’une filière mieux contrôlée peut réduire les fuites, sécuriser les recettes publiques et renforcer la confiance des acheteurs internationaux.
Création de milliers d’emplois directs et indirects
Les données disponibles permettent surtout d’établir un ordre de grandeur, pas une prévision budgétaire officielle. Le Gabon produit autour de 2 tonnes d’or par an, dont une partie informelle. 2 tonnes représentent plusieurs dizaines de milliards de FCFA de valeur brute. Avec une meilleure formalisation, l’État pourrait donc viser des recettes supplémentaires de plusieurs milliards de FCFA et créer des milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans l’extraction, la transformation et la logistique.
Une décision venue du sommet
Cette réorientation s’inscrit dans une volonté portée au plus haut niveau de l’État. Faire des ressources minières un levier de souveraineté et de richesse durable. L'or gabonais devient traçable, identifiable et plus difficile à détourner des circuits officiels.