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REFUS RISQUÉ

REFUS RISQUÉ
Procès, le harcèlement sexuel menace l'emploi des femmes.

À Franceville, deux employés de Gabon Mining comparaissent devant la justice pour des faits présumés de harcèlement sexuel. Une employée gabonaise affirme avoir subi des avances insistantes et soutient que son refus a été suivi de l’interruption de son contrat. Au-delà du procès, une question agite l’opinion. Au Gabon, une femme peut-elle encore dire « non » sans mettre son emploi en danger ?


Quand le « non » d’une femme devient professionnellement dangereux


La justice devra établir la réalité des faits reprochés aux deux prévenus, qui bénéficient naturellement de la présomption d’innocence. Mais cette affaire soulève un problème préoccuppant que la seule responsabilité éventuelle des personnes poursuivies.


Car si une salariée peut perdre son emploi après avoir refusé des avances, le problème n’est plus seulement celui du harcèlement. Il devient celui du rapport de pouvoir.


Dans une entreprise, celui qui peut influencer un recrutement, un renouvellement de contrat, une affectation ou une promotion dispose d’un levier considérable. Face à lui, une salariée qui dépend de son salaire peut hésiter à dire non, non pas parce qu’elle consent, mais parce qu’elle mesure les conséquences possibles d’un refus. Et parce que la courbe du chômage au Gabon continue de croître. 


Et c’est précisément là que commence le danger. Lorsque le consentement se retrouve prisonnier de la peur.


Combien de femmes préfèrent se taire ?


La plaignante a déclaré aux enquêteurs qu’elle n’est pas la seule femme confrontée à ce type de situation et que d’autres ont peur de dénoncer par crainte de perdre leur emploi.


Cette affirmation devra évidemment être vérifiée. Mais elle mérite d’être prise au sérieux.


Parce qu’une victime qui se tait ne signifie pas nécessairement qu’il ne s’est rien passé. Elle peut aussi signifier qu’elle ne croit pas pouvoir parler sans en payer le prix.


C’est pourquoi la responsabilité d’une entreprise ne devrait pas s’arrêter à l’interdiction du harcèlement. Elle doit aussi garantir qu’une personne qui dénonce de tels faits ne soit pas transformée en victime expiatoire une seconde fois.


Le véritable enjeu est là


L’affaire de Franceville sera tranchée par la justice. Mais les entreprises, elles, doivent répondre à une question beaucoup plus simple. Que protège-t-on lorsqu’une salariée dit non ?


Son emploi ? Sa dignité ? Sa parole ?


Une femme ne devrait jamais avoir à choisir entre son salaire et son intégrité.


Si dire « non » peut coûter son travail, alors le problème dépasse une salle d’audience. Il concerne toute la société gabonaise.

Par Pamphil

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