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LE POUVOIR GAGNE ?

LE POUVOIR GAGNE ?
Entre pression du pouvoir et sacrifice stratégique, l'avenir du parti reste incertain.

Le MRC se réveille ce 8 septembre avec un séisme à sa tête. Maurice Kamto quitte la présidence du parti. Quelques heures plus tard, Mamadou Mota abandonne également la vice-présidence. Deux figures centrales se retirent de la direction dans un contexte marqué par des tensions administratives, judiciaires et politiques. Au Cameroun, la question brûle désormais les lèvres. Qui sort réellement gagnant de cette double démission ?


L’argument de la victoire du pouvoir


Pour les adversaires du MRC, difficile de ne pas voir dans cette séquence un revers politique. Depuis plusieurs mois, le parti est confronté à des contestations sur sa gouvernance et à des procédures qui fragilisent son fonctionnement.


Fin août, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait indiqué ne pas juger opportun de prendre acte de la convention ayant consacré la réélection de Maurice Kamto à la tête du parti.


Or, quelques jours plus tard, Kamto quitte précisément cette fonction.


Le raisonnement est simple. Si la pression administrative et judiciaire avait pour effet de rendre la direction du MRC de plus en plus difficile à exercer, la double démission pourrait apparaître comme le résultat concret de cette pression. Le pouvoir n’aurait donc pas fait tomber le MRC, mais aurait réussi à contraindre ses dirigeants à revoir leur stratégie.


L’argument inverse : un sacrifice politique


Mais cette lecture ne suffit pas.


Maurice Kamto ne quitte pas le MRC. Mamadou Mota non plus. Et surtout, les deux hommes présentent leur retrait comme une décision destinée à préserver le parti.


Mota affirme vouloir


« priver le régime d’un sujet de focalisation »


Autrement dit, abandonner les postes ne signifierait pas abandonner le combat.


Cette stratégie peut même produire l’effet inverse de celui recherché par leurs adversaires. Transformer une contrainte en acte politique, permettre au MRC de fonctionner avec une nouvelle direction et déplacer le centre de gravité de la confrontation.


La vraie bataille commence maintenant


Le verdict ne sera donc pas donné par cette double démission, mais par la suite.


Tiriane Noah saura-t-elle maintenir la cohésion du parti ? Le MRC conservera-t-il sa capacité de mobilisation ? Maurice Kamto restera-t-il une force politique déterminante sans être président du parti ?


Si le MRC sort affaibli, le pouvoir pourra revendiquer une victoire. S’il se réorganise et revient plus fort aux prochaines échéances, cette journée du 8 septembre pourrait être relue comme un simple changement de stratégie.


Pour l’instant, une certitude demeure. La bataille n’est pas terminée. Elle vient peut-être de changer de terrain.


 

Par Pamphil

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