ORDURES : À QUI LA FAUTE ?
Des rues nettoyées… puis de nouveau sales
À Libreville, le spectacle est devenu familier. Des sachets plastiques abandonnés au bord des routes, des bouteilles jonchant les caniveaux, des tas d’ordures qui réapparaissent quelques jours seulement après le passage des équipes de nettoyage.
Pourtant, les pouvoirs publics multiplient depuis plusieurs mois les opérations destinées à améliorer le cadre de vie. Des efforts qui semblent parfois réduits à néant par certains comportements.
Jeter un sac d’ordures sur la voie publique, abandonner une bouteille dans un caniveau ou transformer un terrain vague en dépotoir ne relève plus d'un simple oubli. Pour de nombreux Librevillois, il s'agit désormais d'un véritable problème d'incivisme.
Face à cette situation, le gouvernement entend hausser le ton et renforcer notamment les mesures répressives.
Mais où sont les poubelles et les camions ?
Accuser uniquement les citoyens serait toutefois trop facile, estiment certains habitants.
Car une autre réalité existe. Celle des quartiers où la collecte des ordures n’est pas suffisamment régulière, où les équipements font défaut et où les habitants ne disposent pas toujours de solutions pratiques pour se débarrasser correctement de leurs déchets.
Une question revient alors avec insistance. Comment exiger des citoyens un comportement exemplaire lorsque le service public de collecte ne suit pas toujours ?
Pour ces Librevillois, la propreté ne peut pas être une responsabilité à sens unique. Elle suppose des services publics efficaces, des équipements adaptés et une collecte régulière, mais aussi une population respectueuse des règles.
Une responsabilité à partager ?
Le gouvernement gabonais veut désormais faire de la discipline un principe central de la transformation du pays. Mais pour que Libreville change durablement de visage, les autorités comme les citoyens devront accepter de regarder leur propre part de responsabilité.
L’État doit-il mieux organiser la collecte ? Les mairies doivent-elles renforcer le contrôle ? Les citoyens doivent-ils être davantage sanctionnés ? Ou faut-il simplement reconnaître que Libreville ne deviendra jamais propre sans un effort simultané des autorités et de la population ? Soyons honnêtes. Qui salit le plus Libreville aujourd’hui, l’incivisme des citoyens ou les défaillances des services publics ?