PRIORITÉ AUX GABONAIS
Devant les membres du gouvernement, les représentants des institutions et les sénateurs réunis pour cette rentrée solennelle, la présidente a appelé la Haute Chambre à dépasser le simple examen des textes. Pour elle, chaque décision parlementaire doit avant tout être appréciée à travers ses conséquences concrètes sur la vie des citoyens.
Une session placée sous le signe de l’action
La session qui s’ouvre intervient dans un contexte marqué par d’importantes réformes institutionnelles et par des attentes sociales persistantes. Si les transformations engagées par les pouvoirs publics constituent un enjeu majeur, elles ne doivent cependant pas détourner l’attention des difficultés rencontrées quotidiennement par les populations.
«La session qui s’ouvre aujourd’hui doit être une session consacrée au travail. Une session consacrée au dialogue. Une session consacrée aux solutions»
a déclaré Huguette Nyana Ekoume, donnant ainsi le ton des travaux à venir.
La présidente du Sénat a invité ses collègues à privilégier la rigueur, l’écoute et l’intérêt général. Elle estime que la diversité des sensibilités au sein de la Chambre haute doit servir le débat démocratique et contribuer à la recherche de réponses adaptées aux réalités du pays.
Les attentes sociales au cœur des débats
Dans son intervention, Huguette Nyana Ekoume a particulièrement insisté sur les préoccupations exprimées par les Gabonais. Emploi, santé, éducation et amélioration des conditions de vie figurent parmi les priorités auxquelles les pouvoirs publics doivent apporter des réponses tangibles.
«Notre peuple attend des réponses concrètes. Il attend une amélioration de son quotidien. Il attend des emplois pour sa jeunesse. Il attend un système de santé plus performant. Il attend une école capable de préparer les générations futures»
a-t-elle souligné.
Pour la présidente de la Haute Chambre, les réformes en cours ne doivent donc pas faire perdre de vue les besoins immédiats des citoyens.
«Les enjeux autour des réformes engagées ou en voie de l’être ne devraient pas occulter les attentes légitimes et encore nombreuses de nos concitoyens»
a-t-elle rappelé.
Le budget 2027, un exercice à forte portée sociale
L’examen du projet de loi de finances 2027 constituera l’un des moments majeurs de cette session budgétaire. Les sénateurs seront notamment appelés à analyser les priorités retenues par le gouvernement et leur adéquation avec les urgences nationales.
La présidente du Sénat souhaite que les arbitrages financiers accordent une place importante aux infrastructures de base et à l’accès aux services essentiels sur l’ensemble du territoire.
Pour elle, l’examen du budget ne peut être réduit à une confrontation de chiffres entre recettes et dépenses.
«Elle ne se résume pas à l’examen des chiffres, des recettes et des dépenses. Elle traduit des choix de société, fixe nos priorités et détermine pour une large part la capacité de l’État à répondre aux besoins de ses concitoyens»
a-t-elle expliqué.
Cette vision doit conduire les parlementaires à mesurer les effets des décisions budgétaires sur les ménages, les travailleurs, les jeunes et les acteurs économiques.
«Nous ne devons jamais perdre de vue l’essentiel. Derrière chaque ligne budgétaire, il y a des femmes et des hommes, des familles, des jeunes, des travailleurs et des entrepreneurs qui attendent de l’État des réponses concrètes»
a ajouté la présidente.
Une Chambre davantage tournée vers les territoires
Autre ambition affichée au cours de cette rentrée. Renforcer la vocation territoriale du Sénat. En tant que représentants des collectivités locales, les sénateurs sont appelés à mieux faire remonter les réalités des provinces, départements et communes.
Huguette Nyana Ekoume souhaite ainsi que la Haute Chambre assume pleinement son rôle de
«force de proposition et une Chambre d’expertise»
tout en devenant
«la voix de la sagesse institutionnelle»
au service d’un développement plus équilibré.
Cette orientation passe notamment par une décentralisation plus effective et par un meilleur transfert des compétences et des ressources aux collectivités locales. L’objectif est de réduire les écarts entre Libreville et l’intérieur du pays et de rapprocher davantage l’action publique des citoyens.
Restaurer la confiance par les résultats
En définitive, la présidente du Sénat veut faire de cette session un espace de travail concret plutôt qu’un simple rendez-vous institutionnel. Elle estime que la confiance des citoyens se gagnera à travers la qualité des débats, la pertinence des décisions et la capacité des parlementaires à rendre compte de leur action.
«Nos concitoyens ne nous demandent pas la perfection. Ils nous demandent de travailler, d’écouter, d’agir et de rendre compte»
a-t-elle insisté.
Elle a également demandé que chaque texte soit examiné en fonction de ses conséquences sur la population.
«Que chaque texte examiné le soit à l’aune de son impact sur la vie des Gabonaises et des Gabonais»
a-t-elle martelé.
Au terme de son discours, Huguette Nyana Ekoume épouse Awori Onanga a officiellement déclaré ouverte cette deuxième session ordinaire, en appelant les sénateurs à faire des prochains mois une période de responsabilité, de dialogue et d’action au service du Gabon.