tvplusafrique

International

STARLINK VISE L'AFRIQUE

STARLINK VISE L'AFRIQUE
Starlink prévoit de s'implanter dans seize nouveaux pays africains d'ici fin 2026.

Starlink poursuit à marche soutenue son déploiement sur le continent africain. Après avoir officiellement lancé ses services au Nigeria en janvier 2023, la filiale de SpaceX dirigée par Elon Musk a progressivement étendu son empreinte et couvre désormais 29 marchés africains. Une dynamique appelée à se poursuivre. L’entreprise prévoit d’investir 16 nouveaux pays d’ici la fin de 2026, selon sa carte officielle de disponibilité.


Seize nouveaux marchés dans le viseur


La prochaine vague d’expansion devrait concerner la Mauritanie, le Mali, la Gambie, la Guinée, le Burkina Faso, le Togo, la Tunisie, l’Ouganda, la Tanzanie, les Comores, la Namibie, l’Angola, le Congo, le Gabon, le Cameroun et Maurice.


Pour l’heure, Starlink reste toutefois prudent sur le calendrier. Aucune date précise n’est annoncée pour ces marchés. En sélectionnant chacun des pays concernés sur la carte de disponibilité, le message « Starting in 2026 » apparaît. Leur affichage en bleu foncé signale, selon la légende de Starlink, qu’une couverture du service ou une autorisation réglementaire reste en attente.


Cette distinction est importante. Les pays déjà couverts apparaissent en bleu clair, tandis que ceux encore en phase de préparation dépendent notamment des autorisations des autorités nationales. Le calendrier pourrait donc évoluer.


Une belle carte à jouer face à la fracture numérique


Pour Starlink, l’Afrique représente une belle carte à jouer. Le réseau satellitaire permet de contourner, au moins en partie, les limites des infrastructures terrestres, particulièrement dans les zones rurales, isolées ou faiblement peuplées.


Le principe est simple. Plutôt que de dépendre exclusivement des antennes mobiles, de la fibre ou d’autres infrastructures physiques, l’utilisateur se connecte directement à un réseau de satellites en orbite basse. Cette approche donne à Starlink un rôle de nouveau rouage dans l’écosystème numérique africain.


Les besoins restent considérables. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), environ 25 % de la population africaine n’était toujours pas couverte par la 4G en 2025. Dans le même temps, le taux de pénétration d’Internet s’établissait autour de 35,7 %.


Les disparités nationales illustrent l’ampleur du défi. En Mauritanie, la couverture 4G atteignait 80 % de la population en 2025, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’élevait à 45,8 %. Au Burkina Faso, ces indicateurs étaient respectivement de 68,3 % et 28,3 %.


Au-delà de la couverture, la question de la qualité


L’enjeu ne se limite cependant pas à connecter les populations encore privées de réseau. Dans plusieurs pays, les utilisateurs disposent déjà d’un accès à Internet, mais doivent composer avec des débits limités, une couverture inégale ou une qualité de service insuffisante.


C’est précisément sur ce terrain que les solutions satellitaires veulent faire la différence. Pour les entreprises, les administrations, les écoles ou les particuliers installés loin des grands centres urbains, disposer d’une connexion stable peut transformer les usages professionnels et quotidiens.


Le jeu en vaut donc la chandelle pour les opérateurs satellitaires, alors que la demande numérique africaine continue de progresser.


Un calendrier encore entouré d’incertitudes


Mais entre une annonce sur une carte et un lancement commercial, le chemin peut être long. Le mystère plane encore sur le calendrier réel de plusieurs marchés.


Le Congo, le Gabon, le Togo, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, la Tunisie et la Mauritanie figuraient déjà parmi les pays auxquels Starlink associait une disponibilité prévue en 2025. Pourtant, plusieurs de ces marchés attendent toujours le service.


Starlink rappelle d’ailleurs que ses prévisions ne constituent pas une promesse ferme. 


« Les estimations sont fondées sur les prévisions et hypothèses actuelles »


indique l’entreprise, tout en soulignant qu’elles restent soumises aux autorisations des autorités publiques et à l’extension de son réseau. Autrement dit, le calendrier fraîchement affiché pour 2026 peut encore être modifié.


L’exemple de la Centrafrique


L’évolution récente du déploiement africain confirme cette prudence. Certains pays peuvent apparaître tardivement dans le calendrier avant de bénéficier finalement du service plus rapidement que prévu.


La République centrafricaine en est l’illustration. Au 25 juin 2025, elle ne figurait pas parmi les marchés annoncés à court terme. Pourtant, Starlink y a officiellement lancé ses services en mars 2026.


La carte actuelle doit donc être lue comme une feuille de route plutôt que comme un calendrier définitif. Pour Starlink, l’objectif est de renforcer progressivement son maillage africain. 




Par Pamphil

Top Articles