OGOOUÉ-IVINDO, BELINGA, LA NOUVELLE CARTE ÉCONOMIQUE DU GABON
L’avenir économique de l’Ogooué-Ivindo pourrait connaître une nouvelle dynamique avec l’accélération du projet minier de Belinga. Réunis récemment à Makokou dans le cadre du Forum économique, les responsables de Fortescue Belinga ont réaffirmé leur volonté de faire de ce projet bien plus qu’une simple exploitation minière : un véritable moteur de développement industriel et de diversification de l’économie gabonaise.
Une stratégie pensée sur le long terme
Lors des échanges, le président-directeur général de Fortescue Belinga, Edward Kalajzic, a présenté les grandes orientations du groupe pour le développement du projet. L’approche retenue repose sur une montée en puissance progressive, accompagnée d’une implication accrue des entreprises et compétences locales.
L’ambition affichée est ainsi de construire autour de Belinga un écosystème économique capable de générer des retombées durables pour le Gabon et particulièrement pour l’Ogooué-Ivindo.
Plus de 1 200 emplois déjà générés
Les premiers effets du projet se font déjà sentir sur le terrain. Les activités de Fortescue Belinga mobilisent actuellement 1 246 emplois directs. Une dynamique qui accorde une place importante à la main-d’œuvre nationale, puisque 82 % des employés sont gabonais.
La dimension locale est également mise en avant : 57 % des travailleurs gabonais employés par le projet sont originaires de l’Ogooué-Ivindo. Un choix qui traduit la volonté de faire bénéficier directement la population de la province des opportunités créées par le développement de Belinga.
Former aujourd’hui les compétences minières de demain
Au-delà de la création d’emplois, Fortescue mise également sur la formation. À travers le programme « We Train for Gabon », 50 Gabonais bénéficient d’une expérience pratique destinée à leur permettre de mieux maîtriser les méthodes et standards de l’industrie minière australienne.
La première promotion a notamment été mise à l’honneur lors de la visite en Australie, en juillet dernier, du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Cette initiative entend contribuer à l’émergence d’une expertise minière nationale capable d’accompagner durablement le développement du secteur.
L’exploration gagne du terrain
Sur le plan opérationnel, les travaux d’exploration se poursuivent à un rythme soutenu. À Belinga, plus de 225 000 mètres de forage à circulation inverse ont déjà été réalisés à travers 1 470 trous, auxquels s’ajoutent 17 500 mètres de forage au diamant.
Le programme d’exploration s’élargit désormais à d’autres zones. Des opérations ont débuté en mai à Batouala, tandis que de nouvelles campagnes sont envisagées du côté de Boka Boka. Une progression qui témoigne de l’ampleur des travaux préparatoires autour du potentiel minier de la région.
La puissance financière de Fortescue en soutien
Cette stratégie gabonaise bénéficie par ailleurs de la solidité financière du groupe Fortescue. Pour l’exercice 2026, le groupe revendique un bénéfice net sous-jacent après impôts de 3,5 milliards de dollars, en progression de 3 % sur un an.
Sa capacité à générer des liquidités demeure également importante, avec 6,8 milliards de dollars de flux nets de trésorerie issus des activités opérationnelles et 3,2 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible.
Belinga, bien plus qu’une mine ?
À travers les emplois, la formation, l’exploration et la perspective de nouveaux partenariats locaux, Fortescue cherche donc à inscrire Belinga dans une logique qui dépasse la seule extraction du minerai.
Pour l’Ogooué-Ivindo, l’enjeu est désormais de transformer cette présence minière en opportunités économiques durables. La réussite du projet pourrait ainsi se mesurer non seulement aux volumes de minerai produits, mais aussi à sa capacité à créer des compétences, soutenir les entreprises gabonaises et participer à l’émergence d’un véritable pôle industriel dans la province.