tvplusafrique

Sante

RDC, L’EBOLA GAGNE DU TERRAIN, L’OMS ALERTE

RDC, L’EBOLA GAGNE DU TERRAIN, L’OMS ALERTE
L’épidémie d’Ebola en RDC inquiète à nouveau l’OMS. Trois mois après l’alerte internationale, le virus continue de progresser et le risque de propagation régionale reste élevé.

L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) continue de gagner du terrain. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient son niveau d’alerte, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estime que la situation reste préoccupante et que le risque de propagation, y compris au-delà des frontières congolaises, demeure élevé.


Une épidémie qui progresse à grande vitesse


Trois mois après le déclenchement de l’alerte internationale, les autorités sanitaires peinent encore à contenir la flambée. Près de 5 000 personnes auraient été infectées et plus de 2 300 décès enregistrés dans six provinces et 55 zones sanitaires.
Pour le patron de l’OMS, le constat est sans appel : la maladie reste loin d’être maîtrisée. Face à cette progression rapide, le comité d’urgence de l’organisation s’est de nouveau réuni afin d’évaluer l’évolution de la situation et d’éventuellement ajuster les mesures de riposte.


Un système de santé sous forte pression


Déclarée officiellement le 15 mai, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC intervient dans des zones particulièrement vulnérables. Dans plusieurs régions du nord et de l’est du pays, la faiblesse des infrastructures sanitaires, l’insécurité et la présence limitée des services de l’État compliquent considérablement la prise en charge des malades et le suivi des contacts.
À cela s’ajoutent les déplacements importants de populations. Les mouvements de personnes le long des axes routiers et fluviaux, mais aussi autour des zones minières, constituent autant de facteurs susceptibles d’accélérer la circulation du virus.


Une menace qui dépasse les frontières


Si la RDC concentre actuellement le niveau de risque le plus élevé, l’inquiétude ne se limite pas à son territoire. L’Ouganda et les autres pays partageant une frontière avec la RDC sont considérés comme exposés à un risque élevé, tandis que le niveau demeure faible pour le reste de l’Afrique et du monde. Cette configuration pousse l’OMS à maintenir une vigilance renforcée, alors que le comité d’urgence doit encore formuler ses nouvelles recommandations. Une levée de l’alerte internationale paraît, à ce stade, peu probable.


Une flambée déjà parmi les plus meurtrières


L’ampleur de l’épidémie actuelle inquiète d’autant plus qu’elle dépasse rapidement les précédents épisodes enregistrés en RDC. L’épidémie de 2018-2020, jusqu’alors considérée comme la plus meurtrière du pays, avait fait 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés.
Selon les données de l’agence de santé de l’Union africaine, Africa CDC, la flambée actuelle a enregistré, en seulement trois mois, plusieurs fois plus de cas et de décès que l’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014 durant la même période.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette dynamique fait désormais de l’épidémie congolaise la deuxième plus importante jamais enregistrée et l’une des plus rapides en termes de progression.


L’absence de traitement spécifique complique la riposte


La situation est également aggravée par les difficultés liées à la prise en charge de la maladie. Le virus Ebola se transmet notamment par contact avec les fluides corporels et peut provoquer une fièvre hémorragique sévère.
Dans le cas du virus Bundibugyo, aucune solution vaccinale ou thérapeutique spécifique homologuée n’est actuellement disponible. Plusieurs initiatives de recherche et de développement sont toutefois en cours. Alors que la maladie a déjà causé plus de 15 000 décès en Afrique au cours des cinq dernières décennies, la RDC fait désormais face à une nouvelle épreuve sanitaire majeure. Entre insécurité, mobilité des populations, fragilité du système de santé et progression rapide des contaminations, la maîtrise de l’épidémie reste un défi de taille pour les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux.

Par ANGUE

Top Articles