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GABON, L’HÔTELLERIE AU COEUR DU PARI POUR L’EMPLOI DES JEUNES

GABON, L’HÔTELLERIE AU COEUR DU PARI POUR L’EMPLOI DES JEUNES
L’emploi des jeunes passe-t-il aussi par les métiers de l’hôtellerie et des services ? Le président Brice Clotaire Oligui Nguema en est convaincu et appelle à une véritable revalorisation de ces secteurs.

À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi de mettre en lumière un enjeu souvent relégué au second plan : l’orientation professionnelle de la jeunesse. Dans son discours à la Nation, le chef de l’État a notamment encouragé les jeunes à s’intéresser davantage aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil, de l’événementiel et des services. Au-delà d’un simple appel à choisir d’autres professions, cette prise de position pose une question essentielle : comment mieux préparer la jeunesse gabonaise aux métiers qui peuvent répondre aux besoins de l’économie tout en favorisant l’emploi et l’entrepreneuriat ?


Sortir du réflexe du “tout administratif”


Pendant longtemps, l’emploi public a occupé une place importante dans les aspirations professionnelles de nombreux jeunes Gabonais. Mais face aux réalités du marché du travail, le modèle consistant à attendre principalement un recrutement dans l’administration montre ses limites.
Le président de la République invite ainsi la jeunesse à élargir son champ de possibilités. Les métiers liés à l’hébergement, à la restauration, à l’accueil ou encore au tourisme peuvent constituer de véritables voies professionnelles, à condition de bénéficier d’une formation adaptée et de perspectives économiques concrètes. L’enjeu n’est donc plus seulement de trouver un emploi, mais de développer des compétences capables de répondre à une demande réelle et de créer de nouvelles activités.


L’hôtellerie, bien plus qu’un simple métier de service


Derrière les métiers de l’hôtellerie et de la restauration se trouve tout un écosystème : cuisine, pâtisserie, réception, entretien, gestion, organisation d’événements, tourisme, transport ou encore communication.
Ces secteurs peuvent également ouvrir la voie à l’entrepreneuriat. Un jeune formé peut devenir cuisinier, ouvrir un restaurant, créer une structure événementielle, développer une activité touristique ou proposer des services spécialisés.
C’est précisément cette dimension économique que le discours présidentiel cherche à mettre en avant : faire des compétences professionnelles un levier d’autonomie et de création de richesses.


Changer le regard porté sur certains métiers


L’un des principaux défis reste cependant culturel. Certains métiers manuels ou liés au service sont encore parfois perçus comme des choix professionnels de second rang.
Pourtant, dans de nombreux pays, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme constituent des secteurs structurés, capables de générer des emplois et de faire émerger des entrepreneurs.
Au Gabon, leur développement suppose donc aussi un changement de mentalité. Valoriser un métier ne devrait pas dépendre de son prestige supposé, mais de la compétence, du professionnalisme et des possibilités qu’il offre à celui qui l’exerce.


La formation, condition indispensable


Pour transformer cet appel en résultats concrets, la question de la formation sera déterminante.
Le chef de l’État a appelé les entrepreneurs, les établissements de formation et les professionnels du secteur à s’impliquer davantage dans la préparation des jeunes. L’objectif est de leur transmettre non seulement des connaissances techniques, mais également les exigences liées à la discipline, à la qualité du service et au professionnalisme.
Cette approche pourrait permettre de rapprocher davantage les formations des besoins réels des entreprises et de favoriser une meilleure insertion des jeunes diplômés.


Faire de la jeunesse un moteur de diversification


À travers cette orientation, le gouvernement entend également inscrire la question de l’emploi des jeunes dans une problématique plus large : celle de la diversification de l’économie gabonaise. Encourager les jeunes à investir différents secteurs revient à réduire leur dépendance à l’égard des recrutements publics et à favoriser l’émergence d’initiatives privées.
L’enjeu sera désormais de transformer le discours en opportunités concrètes : davantage de formations qualifiantes, un accompagnement des jeunes entrepreneurs, un accès facilité au financement et un environnement favorable au développement des activités liées au tourisme, à l’hôtellerie et aux services.
Au fond, l’appel du président de la République dépasse la seule question du choix d’un métier. Il invite à repenser le rapport des jeunes Gabonais au travail, à la formation et à l’entrepreneuriat. Reste désormais à savoir comment cette ambition sera traduite sur le terrain, afin que les métiers présentés comme des opportunités deviennent réellement des filières porteuses d’emploi et de revenus pour la jeunesse gabonaise.

Par ANGUE

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